Une infernale spirale

Depuis sa naissance, Michel Zaccaro a toujours eu conscience que sa vie n’aurait pas un chemin facile. Il pensait toutefois qu’il serait bien éclairé. Il l’a été, mais par des contrariétés, des déceptions, des frustrations, des désillusions, des humiliations et des perversions. Pour sûr, exit le fleuve tranquille ! La réalité est plutôt très marécageuse. Bienvenue sur le chemin de croix. La faute à quoi, à qui ?  De mauvais choix pris, de mauvaises décisions acceptées, de mauvaises rencontres faites et de mauvaises associations engagées et surtout, la faute à sa mère…

Dès sa tendre enfance, elle a fait de la vie de Michel un calvaire. Sur le ring de sa vie, plusieurs fois, il s’est retrouvé au tapis, mais sans jamais être vraiment KO. À chaque fois il s’est relevé avec force, énergie et détermination.  À croire qu’il a été programmé pour combattre. Michel, c’est un boxeur, mais à la garde non assurée. Trop naïf, il ne sait pas esquiver les coups et encore moins les rendre, trop aveuglé par la chimère après laquelle il court : l’amour maternel. Renfermé sur lui-même, le mal aimé qu’il est, n’a toujours pas coupé le cordon ombilical. Il se sent responsable de ce rejet et de ce mépris. Il préfère subir l’égocentrisme, l’égoïsme, les sarcasmes et les insultes de sa mère tyrannique, dominatrice, destructrice et castratrice. Mais une mère ne peut se comporter de la sorte, surtout avec sa propre chair !? Et pourtant.

En manque de sa tendresse protectrice, l’incompris est incapable de s’exprimer et de se révolter. Totalement dépendant, il s’autoflagelle en se privant de liberté. Le repli sur soi pour salut. L’hostilité de sa mère ne cesse de le pousser dans le désarroi et la détresse. Comment expliquer ce besoin viscéral d’amour et de reconnaissance ? Sa solitude passe du statut d’allié à celui de gangrène.  Elle le ronge et le fait sombrer chaque jour davantage. Le désespoir, le dégoût de tout, la peur de l’échec, sont devenus son quotidien. Pour tenter de les évincer, il va se chercher et se perdre dans d’autres bras, ceux d’hommes en quête d’autres hommes, en mal de solitude comme lui. Car comment aimer une autre femme que sa mère ? C’est la trahir.  Merci Œdipe ! Il ne peut pas et ne s’en donne aucun droit. Aucune femme ne peut rivaliser avec elle. Obsédé par son manque d’amour, décontenancé par ses échecs professionnels, il tombe dans les abysses de la décadence, de la perversion et de la déchéance. Sexe, orgie, drogue, pratiques violentes et obscènes, une perversité devenue une folle spirale infernale ; le quarté gagnant de son naufrage, de sa chute dans le vide sans être assuré par une cordée. Braver les interdits. Souffrir pour se sentir vivant. S’abîmer pour exister. Tout cela a un prix : le virus destructeur.  Michel est devenu un mort-vivant, condamné dans sa propre prison. Bienvenue en enfer. Mais même dans les profondeurs les plus sombres, quand on croit que tout est fini, si la rage de vivre est plus forte que tout, la lueur se fait alors entrevoir. Capituler, Michel ? Jamais ! Telle une résurrection, se reconstruire pour se réinventer et prendre, cette fois, le bon chemin. Devenir un homme libre qui sourit à la vie, tant qu’elle le permet. Rien n’est perdu. Il faut simplement y croire. Ne dit-on pas que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ?

« Je suis tel que vous m’avez défait », le premier roman acidulé, sans langue de bois de Michel Zaccaro. Dans une écriture fluide et humble, il livre ses blessures, ses fêlures, ses combats et ses démons. Un exutoire par la plume. Un témoignage poignant salvateur, une introspection à cœur ouvert, un hymne à la vie et à l’espoir – Éditions Publishroom – 18 euros – www.michelzaccaro.com

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