Un évadé à la barre des révélations

Il ne s’en cache pas. Il a été braqueur, cambrioleur, grand spécialiste des casses en tout genre notamment des succursales de banques et de grandes surfaces. Mais toujours “Sans arme et sans violence“.  N’est pas Spaggiarri (NDLR : malfaiteur français) qui veut ! Pour cet as de l’évasion, qui, sans une pierre jetée, aurait pu avoir une toute autre destinée, pas de peine de plancher. Mais alors, quid de sa dette ? « Le multirécidiviste, classé irrécupérable » l’a payée par dix ans de prison. Ses nombreuses incarcérations vont contre toute attente, lui faire découvrir les livres ; une révélation salvatrice pour le roi des systèmes d’alarme qui, de l’école, ne connait que celle de la rue.

L’ex-détenu se prend au jeu des mots. Résultat ? Ses « maux » posés lui permettent aujourd’hui de raconter sa vie tumultueuse faites de rebondissements. Et pour ça, rien de mieux que le ton de l’autodérision pour le faire. Pendant 1h30, « le compteur de banditisme » nous ouvre les portes de ses cellules et du milieu carcéral, constitué de fous. Chaque soir, après le passage de la gamelle, l’enfer s’empare de la nuit. Musiques en tout genre et programmes télé conjuguent leurs volumes sonores bloqués sur max, entrecroisés par les cris et hurlements des détenus en quête de chite et de médocs. Trouver le sommeil est purement une hérésie. Sa tête à lui explose. Au mitard au moins, il peut réfléchir et écrire en toute quiétude ; son seul objectif étant de retrouver la liberté et surtout Nora, la femme de sa vie. Car le caennais a pris conscience que jeune rimait avec crétin. « Il faut savoir écouter, préférer le droit chemin. C’est le seul par lequel on ne se fait jamais attraper ».

Comme quoi, on peut ne pas avoir été dans les bons startingblocks pour démarrer sa vie, en vivant dans une cité HLM à Tonneauville, en ayant connu la pauvreté et en préférant marcher dans les pas de son père, il est toujours possible de s’en rendre compte et de reprendre un bon départ. Et comment ne pas être fier aujourd’hui de la revanche prise en allant dans les collèges et lycées, mais surtout en retournant dans les prisons, non les menottes aux poignets, même s’il sait comment les défaire, mais pour y raconter devant détenus et victimes, à la façon d’une justice réparatrice, son histoire avec humour et bienveillance.

Alors que le premier chapitre se referme, un second volet est à venir. On a déjà hâte de le découvrir.

David Desclos dans « Écroué de rire », prend la scène d’assaut avec ce premier volet (période de 1998 à 2005)  inspiré par l’histoire vraie et touchante de sa vie, que ce narrateur d’exception dédie à toutes les victimes quelles qu’elles soient, à sa femme qui l’a attendu pendant toutes ses années passées derrière les barreaux et à ses trois enfants  ; un témoignage authentique et poignant, regorgeant d’esprit, qui n’est pas sans « coffrer » le public, un exemple de réhabilitation et de réintégration réussies, une leçon de vie finement pensée et mis en scène à la manière d’un conte par le rappeur Stomy Bugsy auteur du tube « Mon papa à moi est un gangster » – Théâtre du Gymnase (Paris Xème) tous les jeudis à 21h30 jusqu’à fin mai et en tournée – Réservations : 01 42 46 79 79 – www.daviddesclos.fr

Visuel : (C) Denis Tribhou

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