Stop aux violences faites aux femmes …

Samedi 6 octobre à 14h, des centaines de personnes se sont réunies face à l’ancien Palais de Justice de Paris pour manifester contre les violences faites aux femmes.

Cette manifestation faisait suite à l’appel de la comédienne Muriel Robin qui a interprété Jacqueline Sauvage dans le téléfilm d’Yves Rénier passé lundi 1er octobre en prime time sur TF1. Dans une tribune dans le Journal du dimanche, elle avait réuni 88 signatures de personnalités dont Line Renaud, Kad Mérad, Carole Bouquet, Mimie Mathy, Vanessa Paradis, Alexandra Lamy, Julien Clerc, Corinne Masiero, Roselyne Bachelot, Michel Drucker et Amélie Mauresmo…afin que le Président de la République prenne conscience de la situation et agisse contre ces violences faites aux femmes, qui quelquefois deviennent irréversibles. Elle a aussi lancé une pétition en ligne Sauvons celles qui sont encore vivantes”, samedi  midi,  comptait déjà plus de 472 000 signatures électroniques.

En 2016,  les violences conjugales avaient fait  157 morts (123 femmes et 34 hommes) contre  144 victimes en 2015 ( 122 femmes et 22 hommes) sans compter des enfants. A ces morts, il faut ajouter    225 000 cas de violence . De ce fait,une proposition sur une “légitime défense différée”, qui permettrait de faire acquitter des personnes ayant tué leur conjoint violent, avait été suggérée ( comme dans le cas de Jacqueline Sauvage où ses avocates avaient demandé l’acquittement). Pourtant depuis 1990, la législation canadienne a reconnu ce droit et la question se pose de savoir si la France ne devrait pas en faire autant.

En 2017, la violence conjugale a encore tué et en août dernier, on  comptabilisait 220 victimes malgré l’aide et le travail important apporté par les associations de soutien, mais aussi les personnalités qui se sont ralliées à cette  grande cause. En 10 ans, le nombre des décès a pourtant baissé de 10% selon Françoise Brié, directrice de la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF), qui gère le numéro d’aide aux femmes, le 39 19. Depuis 2017, des mesures ont été prises mais restent insuffisantes comme celle de la  FNCIDFF (Fédération nationale des centres d’information sur les droits des femmes et des familles) qui apporte une attention particulière aux femmes au moment de la séparation, période pendant laquelle, elles sont plus vulnérables. Avec le TGD (Téléphone Grand Danger), il a été possible d’intervenir plus facilement et éviter des meurtres. Ce dispositif qui a un effet dissuasif,  a été généralisé par la loi de 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes en permettant à la victime d’alerter un service de téléassistance en cas de danger imminent mais n’est pas distribué sur tout le territoire. Pour obtenir de meilleurs résultats, il faut compter sur l’évolution des mentalités et la formation de personnels de santé adéquates (infirmiers et psychologues) ; la lutte contre les maltraitances faites aux femmes est une des priorités du Président de la République,  il a fait de l’égalité femmes-hommes la grande cause de son quinquennat ; la lutte contre les violences faites aux femmes a été proclamée ‘grande cause nationale’ pour l’année 2018, c’est pourquoi des unités spécialisées dans la prise en charge   psychotraumatique des victimes de violences doivent être créées cette année, une dizaine en métropole.

Dans le registre des violences faites aux femmes, il faut désormais intégrer les violence de nature sexuelle dont l’augmentation a atteint  23,1 % sur les sept premier mois de 2018, par rapport à la même période en 2017; les forces de l’ordre ont traité 3.357 faits de harcèlement sexuel de plus en un an. Pour  répondre à cette montée des chiffres préoccupante, le ministère de l’Intérieur a lancé en octobre une “plate-forme de signalement des violences sexuelles et sexistes” pour faciliter les dépôts de plaintes. Toutefois, le nombre de violences dites crapuleuses, commises à des fins d’appropriation ou de vol a diminué de plus de 8,8%,  représentant environ 25 actes de violence de moins chaque jour.”Il faut 25 millions d’euros pour apporter de vraies réponses, former les intervenants, soutenir les associations.”

Depuis le rôle de Jacqueline Sauvage qu’elle a incarné à la télévision, Muriel Robin s’est investie d’une mission pour éviter que les femmes battues n’en arrivent pas à tuer ou meurent dans une complète indifférence; c’est pourquoi, elle exhorte le président à augmenter le budget du Secrétariat d’Etat en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes représentant actuellement 0,007% du budget total de l’État et largement insuffisant pour les associations qui accompagnent les victimes, mais aussi la création de centres d’hébergement dans tous les départements, la formation des hommes de loi et l’éviction systématique du conjoint violent et le port obligatoire du bracelet électronique”.

Autour de Muriel Robin et de sa compagne Anne Le Nen, on pouvait voir la députée de La France insoumise Clémentine Autain, la maire de Paris Anne Hidalgo ou la sénatrice socialiste Laurence Rossignol ainsi que la fille de Jacqueline Sauvage dont le témoignage fut très émouvant et l’actrice Eva Darlan déjà présente lors des manifestations en faveur de la libération de Jacqueline Sauvage ou la romancière Christine Angot.

De son côté Marlène Schiappa a fait une apparition et a parlé de la loi  sur les violences sexuelles que le Sénat a adopté (25 pour et 22 contre) en juillet dernier. Ce dernier renforce certaines mesures, notamment celles qui concernent la protection des enfants contre les prédateurs sexuels et rajouté plusieurs amendements, comme la répression de l’usage de la “drogue du violeur”, qui devient un délit ou une circonstance aggravante en cas d’agression sexuelle ou de viol, et supprimé la notion d'”atteinte sexuelle avec pénétration” qui avait fait polémique. Ils ont par contre créé un nouveau délit de “captation d’images impudiques”,  puni d’un an d’emprisonnement et 15.000 euros d’amende, portées à deux ans et 30.000 euros en cas de circonstances aggravantes. Il vise à mettre fin aux photos “sous les jupes de filles”à partir de téléphone portable ou autres petits appareils photos ou  caméras, pour filmer l’entrejambe de femmes, assises ou debout lorsque celles-ci sont en jupe. Les peines encourues par les auteurs de viols ou d’agressions sexuelles sur des personnes en détresse économique, et notamment les personnes sans domicile fixe ont été aggravées. Cela rappelle l’histoire de l’étudiante Marie Laguerre qui, il y a quelques mois s’est faite agressée verbalement puis physiquement alors qu’elle marchait dans la rue dans le 19ème arrondissement de Paris. Après l’avoir insultée, l’homme l’a violemment frappée au visage parce qu’elle avait osé rétorquer. Fort heureusement, grâce aux caméras de télésurveillance, l’agresseur a été arrêté et Marie a mis son histoire sur les réseaux sociaux afin de toucher les autres femmes , les politiques et les médias. Emue par son récit, l’association Graffart la soutient et lui propose de  poser en Marianne, emblème de la France,  pour le graffeur togolais Sitou. Elle sera ainsi la porte parole de toutes pour qu’elles n’aient plus jamais honte ni peur.

Le 4 octobre dernier, le procès de l’agresseur s’est tenu. Le verdict est tombé:  12 mois de prison, dont 6 mois ferme, avec une mise à l’épreuve de 3 ans. Il est aussi condamné à verser 2 000 euros de préjudice moral à la victime et a également l’obligation de suivre des soins psychologiques, de trouver du travail et l’interdiction d’entrer en contact avec la victime ni d’aller dans le 19e arrondissement de Paris. Enfin, les juges l’ont obligé à suivre un stage de responsabilisation et de prévention des violences sexistes. Le caractère de “harcèlement sexuel “retenu lors de la première audience du 30 août a été abandonné. Seule la seconde partie de l’accusation a été gardée (violences avec arme  ayant entraîné une incapacité totale de travail (ITT) inférieure à 8 jours) . Le procès avait été renvoyé au 4 octobre à la demande de la cour afin qu’une expertise psychologique plus approfondie soit menée.

Le 24 novembre prochain, de grands rassemblements sont organisés en France pour lutter contre les violences faites aux femmes, avec le mouvement #NousToutes.
Clémentine Autain – Rassemblement contre les violences faites aux femmes
Rassemblement contre les violences faites aux femmes
Valérie Boyer, Muriel Robin et Clémentine Autain – Rassemblement contre les violences faites aux femmes
Anne Hidalgo et Valérie Boyer – Rassemblement contre les violences faites aux femmes
Eva Darlan- Rassemblement contre les violences faites aux femmes
Eva Darlan – Rassemblement contre les violences faites aux femmes
Muriel Robin – Rassemblement contre les violences faites aux femmes
Muriel Robin – Rassemblement contre les violences faites aux femmes
Rassemblement contre les violences faites aux femmes
Muriel Robin – Rassemblement contre les violences faites aux femmes
Anne Le Nen et Muriel Robin – Rassemblement contre les violences faites aux femmes
Anne Le Nen et Muriel Robin – Rassemblement contre les violences faites aux femmes
Eva Darlan – Rassemblement contre les violences faites aux femmes
Muriel Robin – Rassemblement contre les violences faites aux femmes
Anne Le Nen et Muriel Robin – Rassemblement contre les violences faites aux femmes
Anne Le Nen et Muriel Robin – Rassemblement contre les violences faites aux femmes
Rassemblement contre les violences faites aux femmes
Rassemblement contre les violences faites aux femmes
Rassemblement contre les violences faites aux femmes
Rassemblement contre les violences faites aux femmes
Rassemblement contre les violences faites aux femmes
Rassemblement contre les violences faites aux femmes
Rassemblement contre les violences faites aux femmes

Laisser un commentaire