Stéphane Bern au secours du patrimoine français en péril

GÉRARD CROSSAY

 

Mandaté en septembre dernier par le président de la République pour la sauvegarde du
patrimoine français en péril, le présentateur de Secrets d’Histoire Stéphane Bern
avait parcouru dernièrement les allées du Salon International du Patrimoine
Culturel, s’entretenant longuement avec les exposants.
 
Le présentateur de Secrets d’Histoire, qui défend régulièrement le patrimoine dans
ses émissions de télévision, est chargé “d’identifier les monuments à rénover en
priorité et d’inventer de nouveaux moyens de financements innovants. L’idée est
d’être pragmatique et d’être capable, d’ici six mois, d’identifier quelles sont les
priorités, comme l’a indiqué l’Elysée à la presse.
 
“La situation est gravissime. Notre pays possède des milliers de châteaux et sites
en très mauvais état. Ma mission consiste d’abord à les recenser et à apprécier la
gravité de chaque situation. Je pense établir une liste de 1500 cas urgents et 1000
autres cas à régler vite”, a précisé Stéphane Bern.
 
Recenser les chefs d’oeuvre en péril, cela avait été fait par un illustre
prédécesseur au XIXe siècle, Prosper Mérimée.
 
 
C’est une mission bénévole de 6 mois
 
Lors des Journées du Patrimoine, en compagnie du chef de l’Etat et de Françoise
Nyssen, ministre de la Culture, Stéphane Bern avait visité le château restauré de
Monte-Cristo, élégante demeure style Renaissance qu’Alexandre Dumas s’était fait
construire en 1844 à Port-Marly (Yvelines) et où il menait grand train. Criblé de
dettes, il fut obligé de vendre sa propriété en 1849.
 
A l’occasion de cette visite, le président avait évoqué le château de
Villers-Cotterets, en très mauvais état, dont il veut faire après restauration le
“château de la francophonie”.
 
Notons qu’à ce sujet, il vient de nommer Leila Slimani, Prix Goncourt 2016, pour
représenter la France au Conseil permanent de la francophonie.
 
Stéphane Bern a acquis le Collège royal et militaire créé par Louis  XVI, à
Thiron-Gardais, dans le Perche (Eure-et-Loir). Depuis 2013, il le rénove pierre
après pierre.
 
Il souhaite que l’on cesse de regarder les propriétaires de biens historiques comme
des gens riches, qui investiraient dans les monuments pour des raisons fiscales. Ce
sont souvent des passionnés qui vouent leur vie à faire renaître ces lieux.
 
Le patrimoine représente 200.000 emplois. C’est un véritable trésor, une manne
touristique providentielle et non délocalisable. Là où une église ou un château est
rénové, presque toujours dans la France rurale déshéritée, cela crée très vite un
afflux de visiteurs avec une création de richesse localement.