ROUMANIE: 500.000 citoyens ont manifesté contre le gouvernement hier soir

GABRIEL MIHAI

La Roumanie connaît ses plus importantes manifestations depuis la chute du communisme en 1989.

Derrière les murs bien gardés du bâtiment de la place de la Victoire de Bucarest, à la tombée de la nuit, le gouvernement social-démocrate roumain a adopté, en catimini, par décret d’urgence, la dépénalisation de plusieurs faits de corruption. La Roumanie aura donc bien connu son “mardi noir”, du nom de la première tentative du Parti social-démocrate (PSD) d’octroyer, en secret et toujours nuitamment, une super immunité aux députés, en 2013. La décision a d’ailleurs été annoncée par Florin Iordache, déjà ministre de la Justice en 2013 et qui vient de récupérer son poste, comme pour faire un dernier pied-de-nez à ses détracteurs.

La Roumanie a connu mercredi soir des manifestations antigouvernementales de plusieurs dizaines de milliers de personnes, d’une importance inédite depuis la chute du communisme en 1989, contre un assouplissement de la législation anticorruption, également critiquée à l’étranger.

Au moins 500.000 personnes sont descendues dans la rue à travers tout le pays, dont la moitié à Bucarest, pour dénoncer la décision du gouvernement social-démocrate d’assouplir la législation anticorruption.

Les grandes villes de Cluj, Sibiu ou Timisoara ont également vu se former des rassemblements tout comme des localités de taille plus modeste.
Dans la capitale, le rassemblement s’est achevé par des incidents. Les forces de l’ordre ont essuyé des jets de pétards, de pierres, de bouteilles de la part de groupes isolés et ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène. Deux gendarmes et deux manifestants, légèrement blessés, ont été transportés à l’hôpital.

Alors que la plupart des attroupements s’étaient dispersés, les forces de l’ordre ont essuyé des jets de pétards, de pierres, de bouteilles de la part de groupes isolés et ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène. D’autres manifestants ont tenté de s’interposer aux cris de «sans violence» et «pas comme ça!». Un kiosque à journaux a pris feu.

Selon le secrétaire d’Etat Raed Arafat, deux gendarmes et deux manifestants ont été légèrement blessés et transportés à l’hôpital.

Un millier de gendarmes étaient déployés à Bucarest pour cette manifestation qui a commencé en début de soirée et a duré près de cinq heures, dans un froid glacial.

Le Président a dit sur son compte du facebook: Je suis très impressionné par l’ampleur des manifestations qui ont eu lieu la nuit dernière dans le pays. Place de la Victoire manifestations éminemment pacifiques ont été faussés par des manifestants violents. Demande de clarification écrite à la Ministre de l’Intérieur, comment il était possible que des éléments violents pour être autorisés à détruire cette démonstration, même si elle avait toutes les informations qu’il y a des groupes qui ont l’intention de briser la manifestation. Les Roumains ont très bien compris ce qu’il est l’ordonnance modifiant Code pénal et ont clairement qu’ils veulent: la primauté du droit! Pour ceux qui envisagent de prendre des mesures supplémentaires pour affecter la lutte contre la corruption ont un seul message: ne touchez pas l’DNA !

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