Rétrospective David Hockney au Centre Pompidou

GÉRARD CROSSAY

Le peintre anglais célèbre cette année ses 80 ans.
L’exposition parisienne – jusqu’au 23 octobre – avec plus de 160 oeuvres, allant de la peinture à la photo, en passant par les gravures, les dessins et l’installation
vidéo, restitue l’intégralité du parcours artistique de David Hockney, jusqu’à ses
oeuvres les plus récentes.

Dès son plus jeune âge, il fait preuve d’une fascination pour la dimension visuelle du monde et d’un goût insatiable pour l’expérimentation et l’observation.
Ne cessant de s’interroger sur la nature des images, il explore les outils
techniques de production et de reproduction des images, refusant d’opposer peinture et photographie. Toutes deux participent de la représentation du monde par des artistes.

Telle qu’elle est conçue, l’exposition présente une vision d’ensemble de l’artiste
dont les oeuvres ne se limitent pas à la représentation dans un style pop de la
Californie ni aux »Pool Paintings ». Elle présente aussi les monumentales compositions

en »Joiners » réalisées dans l’atelier du Yorkshire.
Ses premières peintures sont empreintes d’un réalisme social, résultat de sa
rencontre avec le groupe d’artistes militants du « Kitchen Sink ». Une idée ne le
quittera plus, la peinture et les images ont un rôle à jouer dans la société.
La première reconnaissance arrive à Londres dans les années 60 avec la série
des »Love Paintings », peinture abstraite mais possédant une dimension narrative et sexuelle.

Scènes domestiques ou portraits, il emprunte aux grands peintres des éléments
stylistiques et utilise aussi l’appareil photographique, notamment pour réaliser la
série des « Double Portraits » d’amis et de collectionneurs.
En 1964, Hockney découvre Los Angeles, sa lumière, son mode de vie hédoniste, ses piscines somptueuses, ses maisons modernes. Ce sera le sujet de nombeuses toiles peintes dans un style pop art à l’acrylique et au rouleau.
Puis il découvre une autre technique, le papier teinté dans la masse. C’est la série des 29 « Paper Pools ».

Au début des années 70, il réalise des compositions photographiques qui multiplient les points de vue, les « Joiners ». Approfondissant sa réflexion sur la perspective, il peint alors ses « Paysages enveloppants », tableaux conçus en perspective inversée.
Influencé par le peintre John Constable, il redécouvre les paysages anglais de son enfance en y introduisant une dimension cubiste traduisant sa volonté de rendre visibles plusieurs points de vue simultanés.

Hockney a réalisé également des films expérimentaux, des dessins sur tablette iPad, des peintures par fax, photocopieuses et iPhone.
Son enthousiasme pour tous les médias ne se tarit pas.
Avec virtuosité, il passe d’un support à l’autre pour explorer ses sujets essentiels
: le portrait, le paysage, la nature morte.

PHOTOS: IMPACT EUROPEAN / WPA

Laisser un commentaire