Non au Code du travail: les français manifestent dans tout la France

GABRIEL MIHAI

La mobilisation de mardi en France constitue «une première étape» pour les opposants à la réforme du Code du travail, a déclaré en matinée le secrétaire général du syndicat CGT Philippe Martinez. Il veut par ce biais enclencher une dynamique.

La CGT recense près de 200 manifestations à travers le pays, dont une à Paris entre les places de la Bastille et d’Italie, et plus de 4000 appels à la grève. Des préavis ont été déposés dans le secteur des transports, de l’énergie et de la santé. La grande manifestation à Paris est prévue dès 14 h. «Il va y avoir du monde», a assuré le numéro un de la CGT.

Les Français sont appelés, mardi 12 septembre, à descendre dans les rues pour manifester contre la réforme du Code du Travail. La CGT, en première ligne sur ce front, s’attend à plus de 180 manifestations sur tout le territoire et a recensé 4.000 appels à la grève. Des perturbations sont principalement à prévoir dans les trains de région parisienne (RER A et B).

Cette mobilisation sociale met aussi en exergue la dispersion chez les syndicats. Du côté de FO, de nombreux militants de la base sont en colère contre le secrétaire général Jean-Claude Mailly qui ne se joint pas à la contestation. Les directions de la CFDT, de la CFE-CGC, de la CFTC et de l’Unsa passent aussi leur tour.

D’après la préfecture de police de Paris, 24.000 personnes ont manifesté dans la capitale ce mardi. La CGT en a compté 60.000. Le cortège s’est élancé dans une ambiance festive de la place de la Bastille vers la place d’Italie, au son d’une fanfare animée par des forains, qui avaient perturbé la circulation dans toute l’Île-de-France pour défendre leur profession ce mardi matin. Parmi les manifestants, des personnalités politiques comme Benoît Hamon, ancien candidat du PS à la présidentielle, ou Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, ainsi que des députés insoumis, dont Alexis Corbière. Mais la tension est rapidement montée : des manifestants ont lancé des projectiles sur les forces de l’ordre, qui ont répliqué en faisant usage de gaz lacrymogènes et de canon à eau. La préfecture, qui a fait état de la présence dans le cortège de « 300 personnes encagoulées », a rapporté « quelques dégradations » notamment de vitres et de panneaux publicitaires.

La journée de mobilisation contre la réforme du Code du travail a connu ses premiers incidents ce 12 septembre 2017 à Lyon. Les violences ont commencé avant même le début de la manifestation alors qu’un cortège se formait aux environs de la Manufacture des tabacs, dans le 8e arrondissement de Lyon. La police a tenté alors de séparer des casseurs des autres manifestants, selon France 3, bloquant alors le départ du défilé. La police a eu recours à des gaz lacrymogène afin de contenir des individus qui tentaient d’obtenir la libération de leurs camarades.
En marge de ces manifestations, dans le Rhône, l’échangeur de Givors a été complètement bloqué ce mardi matin, par une opération escargot des forains. Ils arboraient des t-shirts et des banderoles « Sauvez nos fêtes » et « Forains en colère », et manifestaient à l’appel de Marcel Campion, le « roi des forains ». À Saint-Étienne, environ 3.000 personnes ont manifesté dans les rues de la ville, selon France Bleu Saint-Étienne Loire. A Roanne, environ 900 personnes ont manifesté. Ils étaient 1.300 dans les rues du Puy-en-Velay.

A Marseille, la préfecture a compté 7.500 manifestants, les organisateurs 60.000. Dans le cortège marseillais, le leader de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a promis de « faire reculer » le président de la République, car « ce pays ne veut pas du monde libéral ». Dans les Bouches-du-Rhône, les forains ont également profité de la mobilisation contre la loi travail pour se faire entendre. Ce mardi matin, ils ont mené une opération escargot sur l’autoroute A7 entre les Pennes-Mirabeau et le Vieux-Port à Marseille, provoquant plusieurs kilomètres de ralentissement. A Nice, la CGT a salué une mobilisation comme la ville n’en a pas connu depuis 2006 et la contestation du contrat première embauche. A Montpellier, plus de 2.000 personnes se sont mobilisées dans le centre historique de la ville.A Perpignan, 3.000 personnes ont manifesté selon la police. Contrairement à de nombreux départements, le syndicat Force ouvrière a rejoint le défilé initié par la CGT, la FSU, Sud et Solidaires.

À Nantes, entre 6.200 personnes selon la police et 15.000, selon les organisateurs, ont défilé. Des heurts ont éclaté entre manifestants et forces de l’ordre. La police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants qui leur lançaient des projectiles. les murs de la préfecture ont été tagués par de manifestants. Plusieurs vitrines ont également été prises pour cible par des casseurs.

À Toulouse, entre 8.000 et 16.000 personnes, selon les sources, ont battu le pavé. Selon France Bleu Toulouse, au moins 10.000 personnes ont manifesté.

Selon les organisateurs, près de 2.000 personnes ont manifesté à Strasbourg. Les forains ont également profité de la manifestation strasbourgeoise pour faire entendre leurs revendications : ils ont organisé une opération escargot qui occasionne de gros bouchons sur l’A4.

Les opposants à la réforme du Code du travail étaient 4.000 à défiler dans les rues de Clermont-Ferrand, d’après France Bleu Pays d’Auvergne. Les trois quarts du cortège étaient composés de sympathisants de la CGT. Derrière, les syndicats SUD, Solidaires, Unef et FO fermaient la marche.

À Tours, les manifestants étaient entre 3.600 selon la police, 5.000 selon les organisateurs. Si la plupart des drapeaux étaient à l’effigie de la CGT, plusieurs centaines de manifestants ont défilé sous des bannières FO, dont l’union départementale avait appelé à manifester ce mardi. À Orléans, la CGT, revendique près de 4.000 personnes dans les rues de la ville, alors que la police en a compté un peu moins de 2.500.

A Paris, le 12 septembre, alors que la manifestation contre la réforme du code du travail était en passe de dégénérer et que les forces de l’ordre tiraient au flashball en réponse aux projectiles lancés par des individus cagoulés. Soudain un homme est arrivé, nu, en jouant de la guitare.

Pendant le déplacement du chef de l’État à Saint-Martin, des politiques de l’opposition sont attendus pour gonfler les rangs des défilés, à Paris et en région. Jean-Luc Mélenchon doit battre le pavé à Marseille contre ce qu’il qualifie de « coup d’État social ». À Paris, entre les places de la Bastille et d’Italie, Benoît Hamon, Olivier Besancenot (NPA) ou encore Pierre Laurent (PCF) ont répondu présents à l’appel du trio de syndicats.

Emmanuel Macron faisait face mardi à la première mobilisation sociale de son quinquennat, avec des perturbations dans les transports dès le matin, avant les manifestations contre la réforme du Code du travail que le président est déterminé à mener à terme.

Entre 50 et 80% des lignes SNCF étaient assurées en banlieue parisienne, quand le trafic TGV était normal. Des perturbations étaient également signalées à Strasbourg. À Nice, aucun bus ni tramway ne circulait, une première depuis la mobilisation contre le CPE en 2006, selon la CGT. Des camions de forains provoquaient également des embouteillages sur l’autoroute A13 et à Paris.

« Ce n’est pas une loi du travail. C’est une loi qui donne les pleins pouvoirs aux employeurs », a critiqué Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, qui a dit sur France 2 attendre « du monde » avec près de 200 manifestations et 4000 appels à la grève.

Ce projet reprend plusieurs promesses de campagne du président Macron. Si pour le Medef et la CGPME, il va « déverrouiller la peur d’embaucher », les syndicats y voient un texte « libéral » dans le prolongement de la très décriée loi travail.

Face à un front syndical désuni, le chef de l’État, qui sera au même moment dans les Petites Antilles dévastées par l’ouragan Irma, n’a pas l’intention de céder. L’enjeu est d’autant plus important pour Emmanuel Macron que l’exécutif envisage d’autres réformes sociales importantes dans les mois à venir: assurance chômage, apprentissage, formation professionnelle et retraites.

PHOTOS: IMPACT EUROPEAN / WPA – VÉRONIQUE  YANG

 

 

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