Mélenchon et Macron: «Ce n’est pas la primaire de la gauche, c’est la primaire du PS»

GABRIEL MIHAI

L’ex-ministre n’est «pas là pour s’enfermer dans des querelles de clans», a-t-il dit à propos de la primaire de la gauche.
Jean-Luc Mélenchon ne sera pas candidat à la primaire de la gauche, comme le voulait Cambadélis.

Le candidat de En marche! à la présidentielle Emmanuel Macron refuse catégoriquement de se soumettre à la primaire organisée par le Parti socialiste malgré le renoncement de François Hollande, parce qu’il n’est «pas là pour s’enfermer dans des querelles de clans».

Alors que le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis a appelé samedi Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, tous deux crédités entre 12 et 15% d’intentions de vote dans les sondages, à participer à la primaire, l’ancien ministre de l’Economie lui répond par la négative dans le Journal du Dimanche.

«Quand on prétend présider aux destinées d’un pays, on n’est pas là pour s’enfermer dans des querelles de clans», explique-t-il, ajoutant que, selon lui, «cette primaire, c’est OK Corral!».

L’ancien ministre de l’Economie, qui affirme avoir déjà réuni «plusieurs centaines de parrainages» en vue de sa candidature, dresse d’ailleurs le même constat pour la droite, qui vient de désigner François Fillon au terme d’une primaire riche en surprises.

«C’est un succès en trompe-l’oeil. Les progressistes de droite et du centre, tous ceux qui ont voté pour Nathalie Kosciusko-Morizet ou Alain Juppé, ne peuvent pas se retrouver dans le programme de François Fillon», argumente-t-il, convaincu que l’ancien Premier ministre «aura une majorité parlementaire hétérogène et aura du mal tout comme François Hollande avec ses frondeurs à mettre en oeuvre son programme».

Interrogé sur le président, il estime que celui-ci a été victime d’«un piège construit par l’appareil et jusqu’au sein du gouvernement» qui s’est refermé sur lui. N’a-t-il pas lui-même joué un rôle dans sa disqualification ? «Je n’ai jamais manqué de respect au président de la République. J’ai eu des désaccords stratégiques que j’ai toujours assumés ouvertement (…) J’aime les combats à visage découvert. Tout le contraire des tireurs couchés», commente-t-il.

Après Emmanuel Macron, c’est Jean-Luc Mélenchon qui a répondu à la négative à l’invitation de Jean Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS, à participer à la primaire de la gauche.

« Ce n’est pas la primaire de la gauche, je vous prie de bien vouloir l’admettre. Pourquoi vient-on me demander à moi de rallier cette primaire ? C’est la primaire du parti socialiste, je ne suis pas membre du parti socialiste. Je l’étais, je l’ai quitté, c’est pas pour y retourner. Et eux que vont-ils faire ? Supposez qu’ils m’élisent, ils vont tous devoir faire semblant d’être d’accord avec moi », justifie-t-il.

Mais ce qui préoccupe surtout Mélenchon, c’est François Fillon. « Moi, je suis candidat depuis février dernier, je le reste. Mon problème, c’est Monsieur Fillon. Est-ce que vous vous rendez compte du fait que, si je n’étais pas là, il n’y aurait personne pour faire campagne contre quelqu’un qui annonce tout à fait froidement au pays, et qui est bien placé dans les sondages, qu’il va supprimer la sécurité sociale, annuler la durée légale de l’ordre du travail, etc., etc. Un coup d’État social d’une violence dont le pays n’a jamais été témoin », s’agace-t-il.

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