Les services publics en danger …

GABRIEL MIHAI

 

Les habitants de Montreuil et les syndicats ont manifesté contre les décisions de l’État.

Jeudi 16 novembre, à 11h30, devant l’Hôtel de ville de Montreuil, des habitants, syndicats et les services publics se sont été mobilisés contre les réformes d’Emmanuel Macron.

Le 9 novembre 2017, le maire du Montreuil, Patrice Bessac, a adressé à tous les habitants de Montreuil, un appel à la mobilisation pour faire entendre leur voix et exprimer la volonté commune de sauvegarder des services publics de qualité qui font de cette ville une terre de solidarités et de justice sociale.

Selon le maire Patrice Bessac, « le président Macron vise un objectif : réduire les budgets publics. Pour les collectivités l’amputation est de 13,5 milliards d’euros. Supprimer des services, les faire payer toujours plus cher aux usagers, tel est le but. Hostile à ce projet, le maire de Montreuil a décidé de fermer symboliquement la mairie le 16 novembre» .

Parallèlement, les syndicats ont défilé ce jeudi pour la quatrième journée de mobilisation depuis la rentrée contre la politique « libérale » d’Emmanuel Macron, ils dénoncent les ordonnances sur la réforme du Code du travail, en vigueur depuis septembre, espérant être entendus par un gouvernement déterminé.

Des mois que les associations et les élus locaux manifestent leur colère face à ce qu’ils ont vécu comme du « mépris » et de la « brutalité » de la part de l’exécutif. Depuis l’annonce, en juillet, des coupes dans le budget de la politique de la ville pour 2017, les mauvaises nouvelles se sont enchaînées pour les banlieues, comme la baisse de l’APL (aides personnalisées au logement) et le gel des emplois aidés. Le tout, sans un mot – ou si peu – de l’Elysée.

L’article 52 du projet de loi de finances (PLF) pour 2018 vise à aboutir à une économie de 1,7 milliard d’euros, dont 1,5 milliard au titre de l’APL.

Pour Montreuil un manque à gagner de 28 millions d’euros, soit le coût de deux écoles, est à noter. L’os du service public est atteint.
Pour le ministère de l’Économie et des Finances, les collectivités sont trop dépensières et doivent accepter de réduire leurs dépenses de fonctionnement.

Sur la méthode, le chef de l’Etat souhaite fonctionner, comme souvent, de manière partenariale en impliquant les habitants, les associations, les collectivités, ce qui ne manquera pas de créer des tensions sur le financement. Il souhaite aussi – et c’est une demande des acteurs du secteur – une approche globale (via l’éducation, la culture, la formation etc…), avec, lui qui a assuré le lundi midi et ce mardi, vouloir sonner «la mobilisation nationale », la mobilisation de tous les ministères et pas seulement celui de la Cohésion des territoires.

Depuis le début de son mandat, beaucoup de Français de ces quartiers populaires se disent inquiets ou déçus de son action, souvent taxée de profiter d’abord aux plus aisés.

Ainsi, après les élections législatives, le gouvernement n’a eu de cesse de bombarder les collectivités locales de mauvaises nouvelles et de mesures
drastiques.

Tout en menant cette politique volontariste, la ville de Montreuil veille, depuis
2015, à ne pas augmenter ses impôts locaux. Par définition, cela demande une
maîtrise de ses dépenses. Or, Montreuil, comme 319 autres collectivités de plis
de 50 000 habitants, va bientôt devoir passer un « contrat de confiance » avec
l’État pour une plus grande maîtrise encore, faute de quoi les futures dotations
pourraient être rabotées de plus belle.

Cette baisse constante des recettes ne pourra pas à moyen terme être
supportée par les seules économies de fonctionnement, si ce n’est en supprimant aux habitants ces services publics que nous avons évoqués et qui font la qualité de vie à Montreuil.

Le gouvernement a imaginé un moyen simple pour exercer une pression
sur les collectivités (régions, départements, métropoles et communautés d’agglomération de plus de 150 000 habitants) et sur les communes de plus de
50 000 habitants. Elles sont en tout 319 collectivités qui devront signer un «pacte de confiance» par lequel elles s’engagent à limiter la hausse de leurs dépenses de fonctionnement à 1,2 % hors inflation.

Éducation, santé, sport, culture, emploi… sans les emplois aidés, tout le lien social s’effondre…

« On veut tirer la sonnette d’alarme sur des dossiers à venir, comme l’assurance-chômage et l’an prochain l’assurance retraite », a pour sa part expliqué le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, qui a aussi « une forte inquiétude » sur l’avenir du service public républicain.

350 personnes se sont réunies contre les ordonnances sur la réforme du Code du travail, mais surtout pour défendre l’hôpital du Nord-Mayenne.

Dans tous ces domaines, ce sont bien des orientations nationales très défavorables et pénalisantes qui mettent en danger le fonctionnement des villes.

La fin des contrats aidés et la réduction immédiate en cours d’année des aides à la «Politique de la ville » ont fait l’effet d’une douche glacée.

L’annonce de la sanctuarisation du budget en 2018 n’a pas suffi à apaiser les tensions. Au point qu’élus et associations ont organisé, le 16 octobre, à Grigny (Essonne), des Etats généraux de la politique de la ville afin de tirer le signal d’alarme. Un événement inédit.

Lundi 13 novembre, le président de la République a décidé de rompre le silence. Au cours d’un déjeuner à l’Elysée avec une trentaine d’acteurs locaux, suivi d’une visite à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) puis à Roubaix (Nord), il s’est adressé aux banlieues et à leurs habitants, qui représentent 5,5 millions de personnes réparties dans les 1 514 quartiers les plus pauvres où le chômage est 2,5 fois plus élevé que la moyenne nationale.

Dans les quartiers, l’État veut aussi faire revenir les services publics, comme la Poste par exemple. Les maisons de santé ne sont pas oubliées alors que le chef de l’État espère les doubler durant les années à venir.

Après cinq années de baisse des dotations, des services publics disparus et toujours les petites villes menacés de perdre leur structure publiques (école, santé, culture, le lien social dans la vie quotidienne,) le président de la République propose un projet, «Politique de la ville», de faire revenir les services publics et de maintenir les structures actuelles, mais des coupes dans le budget de la politique de la ville pour 2017.

La fin des contrats aidés aura été la mauvaise pour les 49 écoles de Montreuil. Paradoxalement, pourtant, la Ville ne ménage pas ce type de contrat permettant ces efforts. À Montreuil, il était prévu de recruter du personnel en contrat unique d’insertion. L’annonce gouvernementale a tout bloqué.

Le gouvernement crée une illusion.
Les réalités ne sont pas les mêmes d’un territoire à l’autre. Tout dépend du contexte social, de la démographie. Si on observe le monde de la santé et ce qu’il s’est passé avec la création des Agences régionales de santé, nous avons un aperçu de ce qui nous attend, par exemple, le préfet pourra obliger à renoncer à des centres municipaux de santé parce que la santé ne relève pas de la compétence communale.

Alors le président de la Republique nous parle de son projet pour la «Politique de la ville», pour les quartiers que l’État veut aussi faire revenir, les services publics, les maisons de santé. Alors que le chef de l’État espère les doubler durant les années à venir, le préfet pourra prendre des décisions, négatives ou positives. Pour les élus c’est une bon projet d’illusion.

 

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