Les Français descendent dans la rue pour dénoncer la « corruption des élus »

GABRIEL MIHAI

Plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés ce dimanche après-midi place de la République à Paris pour dénoncer la « corruption des élus ».

Ce dimanche à 15 heures, un rassemblement « contre la corruption des élus » a été organisé place de la République à Paris. L’événement rassemblait déjà plus de 11.000 personnes sur Facebook, cette mobilisation a surpris l’organisateur Vincent Galtier, photographe, sans étiquette politique. « Je pensais qu’on serait 30, 40. Ça a pris très vite. »

La demande de manifestation a été déposée à la préfecture de Paris mardi, avec des membres de « Nuit Debout ». « Je n’avais jamais fait de telles démarches et je me suis rapproché d’eux car je savais qu’ils avaient l’habitude », raconte Vincent Galtier.
L’organisateur souhaite former une assemblée générale pour « se rencontrer et discuter ». Pour faire entendre leur colère, les manifestants ont prévu une casserolade, c’est-à-dire qu’ils taperont sur des casseroles dans la rue. Vincent Galtier espère qu’un collectif naîtra à l’issue de cette manifestation.

Une manifestation pacifique lancée avec le mot d’ordre #StopCorruption sur les réseaux sociaux et destinée à lutter contre la « corruption des élus » et la multiplication des affaires. En cette période pré-électorale, ils étaient nombreux venus avec pancartes et casseroles pour demander plus d’éthique dans la vie politique française.

L’après-midi s’est poursuivi avec une assemblée générale et la prise de parole de membres de Nuit Debout sur la place de la République. Parmi les propositions évoquées, le renforcement du contrôle des élus ou l’inéligibilité à la moindre incartade.

De nombreuses pancartes brandies dans la foule visent le candidat de la droite à la présidentielle empêtré dans une affaire d’emplois fictifs présumés accordés à sa femme et deux de ses enfants.

L’association Anticor, spécialisée dans la lutte contre la corruption, ne fait pas partie de l’organisation mais sera présente sur place. « L’affaire François Fillon permet de toucher la corruption de façon plus immédiate que les Panama Papers par exemple « , explique Eric Alt, vice-président de l’association Anticor. « Les citoyens se rendent compte que la corruption, ce n’est pas seulement de l’argent qui s’évapore, mais c’est aussi des transferts d’argent importants et des abus de pouvoir. »

Mais, « au-delà d’eux, c’est un problème de système  », observe l’écrivain Alexandre Jardin, présent dans la foule, pour qui il faudrait « a minima un contrôle par la cour des comptes » de « l’argent de nos élus  ». « C’est bien parce que ce minimum n’est pas fait que les colères montent  », juge-t-il.

En pleine affaire Fillon, le parlement a adopté un amendement prévoyant un délai de prescription pour les infractions dites « occultes » et « dissimulées ».

Une loi transpartisane adoptée à une large majorité. Après un dernier vote, l’Hémicycle a approuvé une proposition de loi par laquelle la justice double les délais de prescription. Le texte porte ainsi de dix à vingt ans le délai de prescription de l’action publique en matière criminelle. Pour les délits de droit commun, le délai doit passer de trois à six ans.
Le Canard enchaîné a repéré un « discret amendement » qui suscitera certainement moins d’enthousiasme. Celui-ci concerne les infractions dites « occultes » ou « dissimulées ». Entrent surtout dans ces catégories les dossiers économiques et financiers comme les abus de biens sociaux, abus de confiance mais aussi trafics d’influence, détournements de fonds, corruptions etc.
Le député Georges Fenech, s’est néanmoins voulu rassurant : « Ce n’est pas rétroactif, donc cette limite de 12 ans n’aura aucun impact sur les dossiers en cours. » Un volte-face législatif polémique mais qui n’aura aucune incidence, donc, sur le dossier Fillon.

Neuf politiciens sur dix ont offert un emploi à leur famille, alors tous devraient être inquiétés comme Fillon. ( Le Pen, Sarkozy … etc.)

Les manifestants considèrent « qu’il n’est plus tolérable d’être gouvernés par un corps élu qui a la possibilité de pratiquer l’inverse de ce qu’il défend ».

D’autres manifestations se sont déroulées dans plusieurs villes. A Toulouse, quelque 200 personnes se sont réunies en frappant sur des casseroles et scandant ponctuellement « Non à la corruption ». On pouvait aussi lire une pancarte proclamant « Emplois fictifs pour tous ». A Saint-Omer, une banderole « expressive » a été placardée afin que chacun puisse écrire ses doléances contre la corruption.

PHOTOS: IMPACT EUROPEAN / WPA – GABRIEL MIHAI

PHOTOS: IMPACT EUROPEAN / WPA – BM

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