Le dialogue entre Séoul et Pyong Yang a repris après 10 ans

Véronique Yang

Alors que les jeux olympiques d’hiver vont se dérouler en Corée du Sud à Pyeongchang, un des onze districts où se trouvent les stations de ski les plus célèbres du pays, la question de la participation de la Corée du Nord se posait.

Lors de son discours pour sa présentation des voeux au pays, le président nord coréen  Kim Jong-Un a lancé un appel au dialogue entre les deux Corées en mettant l’accent sur la participation du pays aux  prochains Jeux Olympiques d’hiver qui se dérouleront à Pyeongchang en Corée du Sud du 9 au 25 février prochain. Ce message a été entendu par le président sud coréen Moon-Jae-In qui avait suggéré une éventuelle »trêve olympique »et la cessation des manoeuvres militaires américano-sud coréennes durant cette période, ce qui marquerait un signe d’apaisement envers la Corée du Nord mais qui pour autant ne remettrait pas en cause la pression sur Pyong Yang. Malgré ce signe d’apaisement, le ministre américain de la Défense, Jim Mattis et le chef du gouvernement japonais Yoshihide Suga ont précisé que la décision de reporter les manoeuvres ne remet pas en cause la volonté d’accentuer la pression sur le régime de Kim Jong-Un. Les opérations  Key Resolve et Foal Eagle devraient avoir lieu après les jeux Paralympiques qui s’achèvent le 18 mars.

Pour la première fois depuis plus de deux ans, les deux Corées se  sont retrouvées face à face mardi 9 janvier après les tensions liées aux ambitions nucléaires de la Corée du Nord. Ces pourparlers sont entamés suite à la main tendue de Kim-Jun-Un pour le nouvel an et l’éventuelle participation de la Corée du Nord aux prochains jeux olympiques d’hiver en février prochain.

La ville de Panmunjom où fut signé le cessez-le-feu de la guerre de Corée est située à la frontière très militarisée qui divise la péninsule et  y accueille ces pourparlers. Séoul espère donc que cette olympiade apportera la paix entre les deux pays après les différents tirs de missile et les trois derniers essais nucléaires effectués par le Nord. L’accord sur la participation olympique de Pyong Yang marquera un pas en avant dans les relations entre les deux pays.

La réponse ayant été positive, la Corée du Nord enverra  une délégation composée d‘athlètes, de journalistes, d‘officiels de haut rang, des artistes et d‘une équipe de supporters aux  jeux olympiques en Corée du Sud mais aussi une équipe de démonstration de taekwondo. Séoul se dit prête à baisser certaines sanctions pour faciliter cette visite . Il a été suggéré une entrée commune dans le défilé d’ouverture comme  à Sydney en 2000, Athènes en 2004 et lors des jeux d’hiver de Turin en 2006.  L’hébergement des athlètes, financé par Séoul devrait  se faire sur un navire de croisière à Sokcho à environ  une heure de route des jeux.

Cette rencontre Nord Sud pourrait au delà des Jeux Olympiques et Paralympiques servir de tremplin à d’autres réunions pour la réunification pacifique de la Corée séparée en deux depuis soixante douze ans. La trêve olympique permettra de  concentrer les efforts sur la sécurité des Jeux.

La reprise du dialogue intercoréen est donc une surprise puisqu’elle avait cessé depuis 2015 suite aux désaccords et tensions liés au nucléaire. La Corée du Nord se dit actuellement détentrice de l’arme nucléaire et l’a prouvé  par ses essais récents, étant ainsi en mesure de menacer le Japon qui reste vigilent, le continent américain et la Corée du Sud.

Par ailleurs, les liaisons téléphoniques coupées depuis 2016 ont été remises, marquant ainsi un bel effort entre les deux parties.Les deux pays ont convenu d’abaisser la tension militaire actuelle et de tenir des discussion militaires sur la question. De plus Séoul a demandé l’organisation parallèlement aux JO d’une réunion des familles séparées par la guerre (1950-53) et a aussi appelé à des pourparlers entre la Croix-Rouge des deux pays.  Moscou et Pékin ont salué ce rapprochement bilatéral.  Donald Trump a déclaré dans un tweet que ces reprises de négociation étaient une bonne chose. Sa récente décision de reporter de nouvelles manoeuvres militaires conjointes avec son allié Sud-Coréen pourrait être considérée comme un atout dans la reprise des négociations entre les deux Corées.  Pour le président du CIO  Thomas Bach, ces annonces « marquent un grand pas en avant dans l’esprit olympique ».

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