Le changement d’état civil est toujours soumis à l’arbitraire des juges

GABRIEL MIHAI

La 21ème Marche de l’Existrans s’est déroulée hier à Paris, les revendications des personnes intersexes et trans restent insatisfaites en comparaison avec d’autres pays européens.

Les associations pointent quasi-unanimement du doigt l’impasse de cette loi « qui nous demande encore de justifier de notre transidentité selon des stéréotypes femme/homme binaires et caricaturaux ».

En Europe, il y a des pays où le changement de la mention de sexe à l’état civil est libre et gratuit, c’est-à-dire qu’il s’effectue directement en mairie, comme à Malte, au Danemark, en Irlande, en Norvège, en Belgique et en Grèce.

À cause des difficultés pour obtenir un état civil conforme à leur genre, les personnes trans et intersexes rencontrent un grand nombre de difficultés concrètes dont les médias rechignent à parler au profit de sujets: « Ils se focalisent par exemple sur l’opération. Ce n’est que récemment que certains médias parlent des rapports dans la famille, au travail, des choses de la vie quotidienne. Oui on a plus de risques d’arrêter les études car on n’est pas accueilli correctement, oui on a plus de risques de ne pas trouver de travail même quand l’entretien d’embauche se passe bien, toujours à cause de ces papiers ».

Encore une fois, ce samedi, les manifestants de l’Existrans ont réuni les personnes trans et intersexes. Une marche de visibilité et de revendications. «21 ans que nous marchons ! 21 ans que nous marchons, pour notre santé, pour nos droits que la France nous piétine !» clament des associations à l’origine de l’Existrans.

Les mauvais traitements subis par les enfants et adolescents nés avec un sexe ne pouvant être strictement défini comme mâle ou femelle, combien sont-ils à endurer une réattribution de sexe, à prendre des traitements hormonaux à vie, à devenir stériles ?
Difficile de savoir, mais c’est de toute façon «trop» pour les associations de l’Existrans qui affirment que «chaque jour, des enfants intersexués subissent des mutilations sexuelles dans les hôpitaux français» et de rappeler que le Comité contre la torture de l’ONU lui-même a recommandé à notre État de «prendre des mesures législatives, administratives ou autres nécessaires pour garantir le respect de l’intégrité physique des personnes intersexuées».

 

PHOTOS ET VIDÉO: IMPACT EUROPEAN / WPA -BM