L’affaires Benalla: tous les concernés ont menti aux médias à tous les égards

L’avocat du couple agressé par Alexandre Benalla assure que l’enquête a établi que ces derniers n’étaient pas des casseurs, démentant la version donnée par l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron lors de la procédure judiciaire et devant les médias.

« La défense de M. Benalla essaye de les faire passer pour des casseurs pour tenter de justifier la façon dont ils ont été molestés, mais, aujourd’hui, les faits ressortent et l’information judiciaire permet d’établir que les deux victimes de M. Benalla n’étaient pas des fauteurs de troubles, c’étaient des personnes qui étaient de passage place de la Contrescarpe », affirme Me Sahand Saber.

Reconnaissant que ses clients avaient bien lancé des projectiles en direction des CRS – un geste qu’il a qualifié de «déplacé» – Sahand Saber a martelé qu’ils n’avaient pas le profil de «Black Blocs», n’ayant pas de casier judiciaire et n’étant pas connus des services de police. L’avocat a par ailleurs souligné que, contrairement à ce qu’avait avancé le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, le jeune homme et la jeune femme ont accepté de donner leur identité aux forces de l’ordre au moment de leur interpellation.

Me Saber affirme également que, contrairement à ce qui avait été avancé dans un premier temps, le couple a accepté de donner son identité dès son interpellation : « M. Collomb avait aussi indiqué qu’il s’agissait de casseurs qui avaient donné une fausse identité, c’est également faux, puisque la jeune femme a donné une bonne identité et le jeune homme lui, a un nom d’origine grecque, son nom et son prénom ont été très mal orthographiés, mais à aucun moment, il n’a donné une fausse identité. »

Alexandre Benalla, chargé de mission pour la sécurité à l’Élysée, a été filmé le 1er Mai en train de molester des manifestants place de la Contrescarpe, à Paris, alors qu’il était officiellement présent pour observer le travail des forces de l’ordre. Il a notamment été mis en examen, le 22 juillet, pour « violences en réunion ».

Lors de son audition par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale lundi 23 juillet, Michel Delpuech a dit ne pas connaître personnellement Alexandre Benalla, cet ex-chargé de mission à l’Élysée accusé d’avoir violenté des manifestants le 1er mai. Mais ce mercredi 8 août, Le Canard Enchaîné dévoile un document qui vient fragiliser cette affirmation.

Dans une carte envoyée en janvier dernier, le préfet de police se montre très amical avec Alexandre Benalla. « Merci pour la magnifique photo-souvenir de « quelques forces de l’ordre » réunies autour du couple présidentiel. Amicalement à vous. » Un document potentiellement compromettant, retrouvé au domicile de M. Benalla lors d’une perquisition à Issy-les-Moulineaux. Interrogé par Le Canard Enchaîné, le préfet s’est justifié en parlant « d’un pur geste de courtoisie ».

Lors de son audition devant les députés, Michel Delpuech avait pourtant insisté : « Dans mon téléphone portable, je n’ai jamais eu le numéro d’Alexandre Benalla », laissant entendre qu’il ne connaissait pas personnellement l’intéressé.

Il avait raconté qu’il avait rencontré pour la première fois le collaborateur d’Emmanuel Macron « l’avant-veille ou 3 jours avant la soirée présidentielle, le 14 mai 2017 ».

Laissant entendre qu’il ne l’aurait revu qu’à des événements ponctuels comme les cérémonies du 8 mai ou du 14 juillet.

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