L’acte 14 des «Gilets jaunes» trois mois des mobilisations en France chaque samedi

Nouvelle mobilisation des gilets jaunes ce samedi pour l’Acte 14 du mouvement avec des manifestations dans toute la France. Le ministère de l’Intérieur a dénombré 41.500 manifestants en France, 5.000 à Paris. Comme chaque semaine depuis le début du mouvement, ces chiffres sont contestés par les “gilets jaunes”.

Ce samedi, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé dans plusieurs villes de France, lors d’un “acte 14” relativement calme à Paris, mais marqué par de nouveaux heurts à Toulouse et Bordeaux.
26 personnes ont été interpellées à Paris et, parmi elles, 15 ont été placées en garde en vue selon le parquet de Paris.

À Paris, une foule compacte de plusieurs milliers de personnes est partie de la place de l’Étoile vers midi pour rallier quelques heures plus tard l’esplanade des Invalides, qui a été évacuée en fin d’après-midi. Éric Drouet, figure du mouvement condamnée vendredi à un mois de prison avec sursis pour “organisation de manifestations sans déclaration préalable”, avait pris part au cortège parisien.

Après de brefs face-à-face avec les forces de l’ordre, les «gilets jaunes» se sont dispersés, certains rejoignant les Champs-Elysées en début de soirée aux cris, “Macron démission”.

Ce n’est que vers 20h30 que la plupart d’entre eux ont quitté la célèbre avenue, parfois promptement évacués par les forces de l’ordre.

“C’est pas la fin, ce sera la fin quand Macron nous aura entendu. Qu’il nous aura rendu la démocratie”, a déclaré Jérôme Rodrigues, devenu un symbole des violences policières depuis qu’il a perdu un oeil fin janvier place de la Bastille.

C’est une triste scène qui a été filmée en marge de la manifestation parisienne. Le philosophe et académicien Alain Finkielkraut a été injurié et sifflé, dans le quartier du Montparnasse, selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et qui ont déclenché une vague d’indignation au sein de la classe politique. Beaucoup dénonçant des propos à caractère antisémite.

“Barre toi, sale sioniste de merde”, “grosse merde sioniste”, “nous sommes le peuple”, “la France elle est à nous”, ont crié plusieurs manifestants qui défilaient boulevard du Montparnasse, et qui venaient d’apercevoir l’académicien, d’après une vidéo diffusée par Yahoo! Actualités. “J’ai ressenti une haine absolue, et malheureusement, ce n’est pas la première fois”, a réagi Alain Finkielkraut auprès du Journal du dimanche.

“Fils d’émigrés polonais devenu académicien français, Alain Finkielkraut n’est pas seulement un homme de lettres éminent mais le symbole de ce que la République permet à chacun”, a réagi Emmanuel Macron sur Twitter, ajoutant que:
“Les injures antisémites dont il a fait l’objet sont la négation absolue de ce que nous sommes et de ce qui fait de nous une grande nation. Nous ne les tolèrerons pas.”

D’autres villes ont connu des tensions plus marquées en fin de manifestation, notamment Bordeaux, autre bastion de ce mouvement qui fragilise le gouvernement et l’a contraint à lancer un grand débat.

À Toulouse, 4000 personnes selon une source policière clamaient leurs détermination derrière une banderole « Seule la mort nous arrêtera ». Les premières échauffourées ont commencé à 16 h 30 et se poursuivaient en fin d’après-midi. Huit personnes ont été interpellées, selon la préfecture.

À Rouen, quatre « gilets jaunes » ont été légèrement blessés par une voiture qui a tenté de fendre le cortège. Le conducteur, qui était avec sa femme et leur bébé, était bloqué par des manifestants, selon une source policière.

La manifestation nantaise, à laquelle ont pris part 1600 manifestants selon une source policière, a été émaillée d’incidents avec des jets de pavés, de bouteilles et de fusées, selon la préfecture. Quatorze personnes ont été arrêtées.

Tandis qu’à Lyon, plusieurs milliers de manifestants s’étaient rassemblés dans le centre, des «gilets jaunes» tentaient de bloquer le trafic sur l’autoroute A7, provoquant des difficultés de circulation.

Sur Twitter, le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand a condamné le «saccage» de la permanence du député de la Sarthe Damien Pichereau, en marge de la manifestation des «gilets jaunes» au Mans.

Les manifestations devraient se poursuivre dès 17h, avec une nouvelle “nuit jaune” prévue sur la place de la République. Un rassemblement statique essentiellement, avec pour thème le Référendum d’initiative citoyenne et l’antisémitisme. Les cortèges s’élanceront aussi en région à Lyon, Marseille, Boulogne sur Mer ou encore Nice.

Des manifestations qui se poursuivront également ce dimanche 17 février, c’est la nouveauté de cette 14ème journée d’action des “gilets jaunes”. Ils se donneront rendez-vous à 11h à l’Arc de Triomphe, direction le Champ-de-Mars avec un parcours incluant le ministère du Travail le Medef ainsi que la mur de la Paix.

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