La Chine a célèbré mercredi le 80e anniversaire du massacre de Nanjing

GABRIEL MIHAI

Pékin a marqué mercredi le 80e anniversaire du massacre de 300.000 civils et militaires à Nanjing par les Japonais.

La Chine a marqué mercredi le 80e anniversaire du massacre de Nanjing par les troupes japonaises, un drame de la seconde guerre mondiale qui continue à hanter les relations entre les deux puissances. Le président chinois Xi Jinping a assisté à la cérémonie.

Selon les historiens chinois, quelque 300’000 civils et militaires ont été tués à Nankin, alors capitale du pays, dans les six semaines qui y ont suivi l’entrée des troupes japonaises, le 13 décembre 1937. Les envahisseurs nippons, alliés à l’Allemagne nazie, avaient livré la ville aux massacres, aux viols, aux pillages et aux incendies.

Le sac de Nanjing reste l’une des pommes de discorde entre le Japon et la Chine. Pékin accuse régulièrement son voisin de minimiser sa responsabilité historique dans les horreurs de la seconde guerre mondiale en Chine (1937-1945).

Lu Ling, fille d’une survivante du massacre de Nanjing, qui est décédée en 2004, a partagé les souvenirs de sa mère avec les Japonais présents à la réunion.
La mère de Lu, née en 1919, a été poignardée à 37 reprises par les soldats japonais et a perdu son bébé au cours du massacre.
« Le massacre de Nanjing et les crimes commis par les troupes d’invasion japonaises sont des vérités indéniables ».
« Les atrocités commises par les troupes japonaises à cette époque sont terribles et impardonnables », a affirmé Mme Sakurai, une Japonaise qui assistait à la réunion, après avoir visionné un documentaire sur le massacre et entendu le témoignage de Mme Lu.

Masataka Mori, l’ancien professeur de l’université de Shizuoka, a quant à lui souligné que l’extrême-droite japonaise avait toujours essayé d’effacer le massacre de Nanjing de l’histoire.
« A l’occasion du 80e anniversaire du massacre, j’espère que davantage de gens pourront découvrir et transmettre la vérité à propos des événements de Nanjing », selon l’agence xinhuanews.

Ce lourd passé a refait surface ces dernières années à mesure que le président Xi Jinping tendait à faire vibrer la corde nationaliste en Chine, tandis que le premier ministre japonais Shinzo Abe est soupçonné de sympathies à l’égard de son extrême droite dont certains membres nient même que le massacre a eu lieu.

Tokyo reconnaît officiellement qu’un « grand nombre de civils ont été tués », mais souligne qu’il est « difficile » d’évaluer leur nombre.

Le premier ministre du Japon Shinzō Abe, a déclaré en 2015, dont le grand-père Nobusuke Kishi était ministre pendant la guerre, a fait part de son «profond remord» pour les actes du Japon en Asie, mais a estimé que les jeunes générations ne devraient pas à s’en excuser perpétuellement. Cette déclaration a été très mal reçue en Chine et en Corée, autre victime du militarisme nippon.

Laisser un commentaire