Gilets jaunes acte XI : mobilisation tenace marquée par des heurts en France, ayant éclaté à cause des casseurs

Un onzième samedi de manifestations marqué par des heurts à Paris et dans plusieurs grandes villes.

La mobilisation ne faiblit pas, se maintenant comme samedi dernier. Il s’agissait d’ailleurs de la plus importante manifestation du centre-est de la France, à Dijon où 2500 “gilets jaunes” ont défilé avant que des heurts n’éclatent en fin d’après-midi, a-t-on appris auprès de la préfecture. Selon celle-ci, des manifestants ont tiré des “mortiers” et feux d’artifices en direction des forces de l’ordre, qui ont répliqué par des gaz lacrymogènes aux abords des Halles, dans l’hyper-centre de la ville, non loin de la préfecture.

A Montpellier, quelque 1500 manifestants ont défilé dans le centre-ville, a constaté une journaliste de l’AFP, rendant notamment hommage aux gilets jaunes victimes de violences policières.
Des incidents ont éclaté vers 17h devant la préfecture, où les forces de l’ordre ont tenté de repousser les manifestants avec des jets d’eau, derrière les grilles du bâtiment. Les manifestants ont lancé canettes et bouteilles, et un policier a été blessé d’une entaille par un “jet d’engin pyrotechnique”, a précisé la préfecture, qui fait état d’une interpellation.

Selon un premier décompte provisoire du Nombre jaune – un collectif qui s’est assigné comme mission d’opérer un décompte du nombre de participants grâce à des référents présents sur le terrain – 87 701 personnes ont manifesté pour l’acte 11 des Gilets jaunes, en France, à 18h, sur 161 communes recensées.
Environ 69.000 gilets jaunes ont manifesté samedi dans toute la France pour leur onzième samedi consécutif de mobilisation, en baisse par rapport aux 84.000 manifestants recensés la semaine dernière, selon les chiffres publiés par le ministère de l’Intérieur.

Au centre de la capitale française, des incidents ont éclaté place de la Bastille, haut-lieu symbolique, lieu de convergence de plusieurs cortèges de gilets jaunes.
Vers 16h, les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène et d’un canon à eau pour repousser des manifestants qui leur jetaient des projectiles et s’appropriaient du matériel de chantier, dans une rue près de la place.

D’autres rassemblements avaient lieu samedi en province. Plusieurs milliers de manifestants étaient recensés à Bordeaux et Toulouse, deux villes du sud-ouest de la France qui sont des bastions de la protestation.

Des incidents ont été signalés en Normandie, à Evreux, avec des dégradations devant le siège de la Banque de France et visant des locaux de la police municipale, selon les autorités.

En milieu d’après-midi à Paris, la place de la Bastille, lieu de convergence de quatre cortèges distincts, a été plongée à plusieurs reprises dans des nuages de gaz lacrymogène et était survolée d’un hélicoptère. Les forces de l’ordre ont également fait usage d’un canon à eau et de grenades de désencerclement pour repousser des manifestants qui les caillassaient.

Une figure connue des « gilets jaunes », Jérôme Rodrigues, blessé à un oeil par un projectile alors qu’il se trouvait face à des forces de l’ordre, a été évacué par les pompiers du coeur de la place, puis hospitalisé.
Jérôme Rodrigues, a été gravement blessé à l’œil samedi après-midi, place de la Bastille à Paris.

Samedi vers 16h40, la tension monte place de la Bastille entre manifestants “gilets jaunes” et forces de l’ordre, en réalité, il ne s’agit pas de gilets jaunes, il y a des gens qui viennent pour dégrader le mobilier urbain, ” ils sont des casseurs”.
Les premières constatations des enquêteurs montrent qu’une grenade de désencerclement explose alors juste aux pieds de Jérôme Rodrigues, ce qui apparaît d’ailleurs clairement sur la vidéo qu’il était en train de réaliser et de diffuser en direct sur Facebook, au moment de l’accident.

“Tout se passe très vite. On me lance une grenade et je me prends une balle. J’ai été doublement attaqué. Une grenade au pied et la balle”, a assuré à LCI Jérôme Rodrigues, qui a porté plainte. D’après son avocat, ce n’est pas cette grenade qui aurait provoqué la blessure, mais bien le tir d’une balle de défense au même instant. “Il y a eu les deux. Tir de grenade et tir de Flash-Ball, simultanément”, explique à Europe 1 maître Philippe de Veulle. “Les éclats de la grenade sont en plastique et font trois à quatre centimètres de diamètre. Si vous regardez la marque à l’œil, vous voyez très bien que c’est plus un Flash-Ball que l’éclat en caoutchouc d’une grenade”, soutient-il.

“J’ai d’autres témoignages qui sont moins directs mais beaucoup de gens ont vu le tir de Flash-Ball”, assure l’avocat. Enfin, il ajoute qu’une balle de défense a été ramassée sur place par les proches de Jérôme Rodrigues et qu’elle sera remise aux enquêteurs pour être analysée.

26/01/2019 Place de la Bastille – Esther BENBASSA

Jérôme Rodrigues, blessé à  un oeil
Jérôme Rodrigues perd un oeil

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