Européennes: Les Républicains lancent leur campagne lors du Conseil National de Lyon

Les Républicains ont promis samedi “de déjouer les pronostics” en entérinant leurs propositions pour les Européennes.

Les noms ont beau avoir été déjà rendus publics, rien ne vaut une officialisation en grande pompe. Samedi 16 mars, les membres du parti Les Républicains (LR) étaient invités au Matmut Stadium Gerland de Lyon pour leur conseil national, sorte de parlement de la formation, l’occasion d’entériner officiellement la liste pour les élections européennes et de dévoiler les grandes lignes du programme, lançant ainsi la campagne mais aussi d’envoyer quelques messages politiques.

Jean Leonetti, président du Conseil national, a ensuite pris la parole pour demander « une Europe qui protège et qui se projette, une Europe qui rassure face à l’immigration et dans le respect des peuples mais aussi une Europe qui se projette dans l’avenir et reparle au monde ». Le vice-président délégué des Républicains a rappelé que c’est cette vision que LR entendait porter dans la campagne des élections européennes.

Lors des 25 candidats présentés, le trio de tête composé de François-Xavier Bellamy, Agnès Evren et Arnaud Danjean est resté sur scène afin de faire découvrir à la salle le projet européen « Pour la France : transformer l’Europe ». Un projet construit autour de 5 grands axes : l’Europe frontière, l’Europe civilisation, l’Europe puissance, l’Europe projet et l’Europe efficace.

François-Xavier Bellamy a ensuite pris la parole pour exposer sa vision pour le pays et le continent, en soulignant l’importance pour les Européens, de défendre la civilisation. « L’avenir ne consiste pas à gérer le déclin. Nous refusons cette fatalité. Nous ne voulons pas subir notre avenir. Nous voulons écrire notre histoire. Faisons des choix courageux pour notre pays et pour l’Europe. » a-t-il lancé depuis la tribune.

Michèle Alliot-Marie, députée européenne et ancienne ministre a tenu à s’exprimer pour réaffirmer l’importance de l’Europe dans le futur de la France et dans ses possibilités de rayonnement au niveau mondial. L’ancienne ministre de la Défense a plaidé, elle aussi, pour une Europe plus concrète : «Oui, je vous le dis, pour les défis des prochaines années, la France a tout les atouts nécessaires, à condition de nous appuyer sur l’Europe, une Europe du concret, pas une Europe des discours, une Europe des projets».

L’intervention de Laurent Wauquiez, a plaidé pour « redonner un avenir à la civilisation européenne ». Avec cette anaphore, Laurent Wauquiez a décliné tous les aspects du projet des Républicains qui permettront de redonner un avenir à la civilisation : se souvenir que l’Europe a une histoire ; assumer les racines ; défendre notre mode de vie ; arrêter de sous-estimer la menace islamiste ; en finir avec l’élargissement sans fin ; redonner des fondations solides au projet européen et ces fondations sont dans nos différentes nations constitutives de notre identité ; sortir l’Europe de ce que Tocqueville appelait ces petites règles compliquées, minutieuses et uniformes » qui « gênent, compriment, énervent, éteignent, hébètent » ; bâtir une Europe capable de répondre aux enjeux de demain ; et ne plus subir l’immigration de masse.

« Réaffirmer le sens de la frontière, arrêter de subir, ne plus se soumettre, retrouver le goût de l’ambition et des grands projets, redessiner l’avenir de cette civilisation européenne que nous chérissons. Se réapproprier ce que nous sommes pour mieux assurer ce que nous serons. C’est cela la question qui nous attend: Pas pour ou contre l’Europe, mais l’Europe que nous voulons. Il est temps ! Il est temps de rendre aux Français l’Europe qu’ils veulent. Ce que nous voulons, au fond, c’est à la fois simple et gigantesque. Nous voulons continuer l’histoire de notre civilisation; l’histoire de nations, de peuples, de cultures, dont le génie lucide et millénaire ne veut pas mourir. Nous voulons redonner un avenir à la civilisation européenne. » a conclu Laurent Wauquiez.
Toutefois, n’étant pas tête de liste, Laurent Wauquiez a décliné devant les 1.500 participants, les quelques 75 propositions du parti, très largement dominées par les questions d’immigration, de civilisation et de lutte contre le terrorisme.
“Emmanuel Macron, Marine Le Pen, pour ou contre l’Europe, c’est la même alternative stérile, les deux mêmes impasses”, a-t-il également estimé. Affirmant sentir que “quelque chose est en train de se passer”, Laurent Wauquiez a assuré que les Républicains étaient en mesure de “déjouer tous les pronostics”.

Le président de la région Normandie, Hervé Morin, est parvenu à un accord avec Laurent Wauquiez, en plaçant deux de ses fidèles sur la liste LR: Nathalie Colin-Oesterlé conseillère départementale de Moselle, en sixième position et Anne Brissaud, conseillère municipale de Montpellier, en dix-huitième position, permettant à la liste LR de se revendiquer désormais “de la droite et du centre”.

Une seule liste de 79 noms, un seul meneur par parti. C’est la nouveauté de ces élections européennes. Le 26 mai 2019, en un seul tour, tous les électeurs français auront le choix entre les mêmes candidats, alors qu’ils votaient jusqu’alors par grandes régions. Paradoxe: à ce scrutin désormais national, propice à l’affrontement de têtes d’affiche, les principaux partis présentent des visages peu connus des Français, souvent vierges de tout mandat électif.

De nombreux cadres du Rassemblement national (RN), dont le député Louis Aliot et l’eurodéputé Nicolas Bay, ont un temps rêvé de prendre la tête de la liste. Marine Le Pen a finalement choisi le conseiller d’Île-de-France Jordan Bardella, âgé de 23 ans. Le porte-parole du parti coche plusieurs cases à ses yeux: il est jeune, sait manier la rhétorique du RN sans dévier de la ligne, et peut, en tant qu’élu de Seine-Saint-Denis, envoyer un signal à l’électorat des banlieues.

La République en marche (LREM) a longtemps hésité entre deux profils: un candidat plutôt senior, «expérimenté et crédible», ou un autre issu de la société civile. La «synthèse» Nathalie Loiseau devrait régler le problème. Face à Marine Le Pen, le 14 mars dernier sur France 2, la ministre des Affaires européennes s’est dite «prête à être candidate». Jamais élue, cette proche d’Alain Juppé, ancienne directrice de l’ENA, mène de facto campagne depuis des mois, à travers ses offensives contre le RN sur les réseaux sociaux. Un temps pressentie pour s’emparer de la tête de la liste macroniste, Agnès Buzyn se consacre finalement à son ministère de la Santé.

À peine lancé dans la bataille politique, depuis qu’il a fondé mi-novembre le parti écologiste, de gauche et européen Place publique, l’essayiste Raphaël Glucksman est propulsé à la tête d’une liste commune avec le Parti socialiste (PS). Fils du philosophe André Glucksmann, il a publié, à 39 ans, une demi-douzaine d’essais politiques et conseillé l’ancien président géorgien Mikheil Saakachvili. Dans les rangs des socialistes, aucun cadre ne s’est bousculé pour mener la bataille.

Un intellectuel conduira la liste des Républicains (LR). François-Xavier Bellamy, 33 ans, normalien et professeur de philosophie, n’est pas pour autant vierge de toute expérience politique: il est adjoint au maire de Versailles (Yvelines) depuis 2008. Penseur des limites et des permanences, tenant d’un discours pro-européen teinté de souverainisme, l’auteur de Demeure est proche de la Manif pour tous.

Issue de la société civile (porte-parole de l’ONG Oxfam), Manon Aubry, 29 ans, a été parachutée par Jean-Luc Mélenchon comme tête de liste de La France insoumise (LFI). Experte sur les questions de lutte contre la fraude fiscale, elle souhaite se spécialiser sur ce sujet au Parlement européen. Sa jeunesse et sa virginité politique rassurent le chef des Insoumis: il sait qu’elle ne pourra pas lui faire de l’ombre.

Seul dans son couloir. Convaincu du potentiel d’une liste écologiste aux européennes, Yannick Jadot ne veut pas entendre parler d’une alliance à gauche. Déjà élu deux fois député européen, l’ancien soutien de Benoît Hamon à la présidentielle devrait une nouvelle fois reprendre le chemin de Bruxelles au printemps prochain.

Le député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan a annoncé dès septembre sa première candidature à la tête d’une liste aux européennes. Sa plateforme d’union des droites, baptisée «Les Amoureux de la France» et lancée avec Jean-Frédéric Poisson, du Parti chrétien-démocrate, et Bruno North, du CNIP, veut créer la surprise et faire élire des eurodéputés pour la première fois.

Le communiste, Ian Brossat, adjoint chargé du logement à la mairie de Paris, a été désigné en juin dernier pour porter la couleur du Parti communiste français (PCF) aux européennes. Malgré les mauvais sondages (la liste est créditée à 2 ou 3%), et les demandes insistantes d’unité à gauche, le porte-parole du parti, âgé de 38 ans, a toujours fait part de son envie d’aller «jusqu’au bout».

Loin d’être démotivé par son mauvais score à la présidentielle (6,36%), Benoît Hamon se lance désormais dans la bataille des européennes avec son mouvement Génération-s. L’ancien socialiste prône l’unité de la gauche pour ne pas laisser le monopole à La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Mais il ne souhaite pas s’associer avec le PS aux européennes. Pour l’heure, il échange avec le PCF.

Pris en étau, au centre-droit, entre une liste LR selon lui «confiée à l’extrême droite», et le «calcul politique de M. Macron», le député UDI de Seine-Saint-Denis, Jean-Christophe Lagarde, a choisi l’autonomie. Avec l’ambition que sa liste UDI conquière des électeurs de droite en rupture avec Les Républicains version Laurent Wauquiez, et partisans d’une plus forte intégration européenne.

À la tête des Patriotes qu’il a fondé en septembre 2017, l’eurodéputé Florian Philippot a rompu avec Marine Le Pen, dont il déplore l’inflexion sur l’Union européenne et l’euro. Le pro-Frexit a tendu la main à des «gilets jaunes», fin décembre. Mais il semble faire cavalier seul, affaibli par le départ de sa vice-présidente, Sophie Montel, et le refus de François Asselineau de saisir sa main tendue.

Le député béarnais Jean Lassalle a refusé les propositions d’alliance de Nicolas Dupont-Aignan et Florian Philippot. Depuis son départ du Modem, en 2016, et sa candidature à la présidentielle (1,21% des voix), il tient à son indépendance. Pour la première fois tête de liste aux européennes, au nom de son parti, Résistons!, l’élu des Pyrénées-Atlantiques espère réunir au moins 500.000 euros pour se lancer en campagne.

Déjà candidate lors des deux dernières présidentielles, Nathalie Arthaud repart en campagne pour les élections européennes à la tête d’une «liste autonome», distincte du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) de Philippe Poutou. Au risque de contribuer à la division de l’extrême gauche.

François Asselineau le répète sur tous les tons: le «Frexit est urgent». L’ancien candidat à la présidentielle (0,92% des voix), ex-directeur de cabinet de Charles Pasqua, se verrait bien arriver au Parlement européen – «un Parlement croupion» selon lui – pour le marteler dans l’hémicycle.

Après l’échec de la constitution d’une liste «Ralliement d’initiative citoyenne» (RIC) par Ingrid Levavasseur, aide-soignante de l’Eure, l’hypothèse d’une candidature des «gilets jaunes» a pris du plomb dans l’aile. Thierry Paul Valette, un acteur social du Calvados de 42 ans, souhaite toujours présenter une liste «Rassemblement des gilets jaunes citoyens». L’ex-directeur commercial niçois Patrick Cribouw, 64 ans, se voit pour sa part à la tête d’une «Union jaune» et assure que «sa liste est prête». L’hypothèse d’une liste «gilets jaunes» est créditée de 3% des intentions de vote, selon la deuxième vague d’enquête Harris Interactive-Agence Epoka pour Le Figaro.

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