Entre Noël et le Jour de l’An, la Trêve des confiseurs

Curieuse expression que cette “Trêve des confiseurs”!

Cette locution, que le Petit Robert définit comme ” l’arrêt de l’activité politique, diplomatique, pendant les fêtes de Noël et du Nouvel An”, juxtapose un terme guerrier évoquant armistice, arrêt des hostilités à “confiseur”, mot doux et enchanteur désignant l’artisan spécialisé dans la fabrication des friandises sucrées, des bonbons et de la pâtisserie.

Rappelons toutefois que jusqu’au 19ème siècle, le sens était différent, le confiseur désignant celui qui confectionnait les conserves, les mets “confits”, dans le sucre, le sel ou le vinaigre.

La “trêve” est, en “francique”, le traité, le contrat, “suspension d’armes, cessation d’hostilités .. pour parvenir à la paix”, comme le définit l’abbé Furetière en son Dictionnaire universel.

L’expression a été imaginée par la presse satirique en 1875.
De vifs débats entre monarchistes, bonapartistes et républicains sur la future Constitution de la Troisième République agitaient la Chambre des Députés, alors que la France, venant de vivre les douloureux épisodes de la défaite contre la Prusse et de la Commune, était fort affaiblie.

Il fallait donner un coup de pouce au commerce et relancer la consommation.

A la veille de Noël et des Fêtes de fin d’année, tous ces groupes, comme l’atteste Le Duc de Broglie dans ses Mémoires, s’entendirent alors pour marquer une pause dans des querelles politiques qui pouvaient troubler l’ordre public et nuire aux affaires.

Cette “Trêve des confiseurs”, appellation amusante imaginée par les journalistes, tournant en dérision cette période de chômage de l’activité politique, a eu un impact réel sur les ventes, à tel point que l’on estime que les hommes politiques de l’époque, sans en être conscients, ont expérimenté une méthode qui serait théorisée en 1930 par l’économiste anglais Keynes : la relance par la consommation.

Les propos acides et amers vont laisser la place aux gâteaux, sucreries et autres friandises ainsi que le champ libre au commerce des confiseurs, inquiets cette année suite au mouvement des Gilets jaunes.

Les hostilités sont suspendues, tant sur les marchés boursiers qui tournent au ralenti que sur les terrains de football, les entreprises reportent le traitement des affaires délicates, les politiciens mettent en sourdine leurs luttes intestines, les étudiants en médecine sont dispensés de cours … la paix et la tranquillité vont régner un temps.

On profite aussi de cette accalmie pour se reposer, prendre des vacances … hormis les confiseurs qui vont travailler 24 heures sur 24 pendant 15 jours! On reste au chaud en cette période hivernale pour passer les Fêtes en famille ou entre amis et s’échanger des cadeaux.

Coutume spécifique à la France, la Trêve des confiseurs s’ouvre officiellement le 24 décembre à 20h20, soit 3 jours exactement après l’anniversaire du Président de la République annonciateur des festivités à venir (41 ans ce 21 décembre), pour se terminer le lendemain du Jour de l’An.
Mais la France est dans l’expectative.

Pour les Gilets jaunes, sera-ce un Acte VII sur les ronds-points, les entrées d’usines et les hypermarchés … ou bien les courses dans les commerces?

Les macarons plutôt que Macron … la dinde aux châtaignes plutôt que Castaner ou la castagne?

En tout état de cause, la Police a précisé qu’elle ne fera pas de cadeaux sur les routes …

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