Edouard Philippe en visite au Mali: son but « approfondir le partenariat économique »

Edouard Philippe vient à Bamako renouveler le soutien de la France au gouvernement malien. Un soutien militaire donc mais aussi économique. Des accords de plusieurs dizaines de millions d’euros devraient être signés ce samedi, notamment dans le secteur clé du coton.

Pour son premier déplacement à l’étranger depuis le début de la crise des gilets jaunes, Edouard Philippe a prévu une étape « grand débat national ». Ce samedi après-midi, il rencontrera les expatriés français de Bamako et recevra les conclusions du débat organisé au début du mois.

Edouard Philippe l’a redit avant d’atterrir à Bamako, la lutte anti-terroriste est loin d’être finie. « La tâche est encore longue », a confié Edouard Philippe dans l’avion qui l’emmène à Bamako. « La lutte anti-terroriste dans le Sahel demande détermination, endurance et humilité », a encore tempéré le chef du gouvernement. Et si le Premier ministre revendique des « résultats », il ne s’attend à rapatrier de sitôt les troupes françaises de l’opération Barkhane.

La France a signé samedi pour 85 millions d’euros de nouvelles aides financières en faveur du Mali, en s’engageant à doubler rapidement son effort d’aide au développement vers ce pays du Sahel confronté à la menace jihadiste.

Un an après la réunion des bailleurs de fonds du G5 Sahel, la force régionale africaine attend toujours les centaines de millions d’euros promis par la communauté internationale. « La montée en puissance se poursuit, mais il reste beaucoup à faire », reconnaît le cabinet d’Edouard Philippe. Sa visite à Bamako sera l’occasion de lancer un nouvel appel.

Soutien aussi économique
L’objectif pour Paris est d’attirer les investissements privés sachant que la France, premier bailleur de fonds européen, a déjà engagé 700 millions d’euros ces dix dernières années. Edouard Philippe visitera d’ailleurs une station de traitement d’eau près de Bamako, un projet porté par l’AFD, l’Agence française de développement.

Le soutien est économique, mais aussi politique. Le Premier ministre rencontré samedi son homologue malien Soumeylou Boubèye Maïga et le président, IBK avec comme message : « Appui et compréhension », alors que l’exécutif malien fait face à une grogne sociale dans la rue.
L’Agence française de développement (AFD) “devrait doubler” ses contributions en faveur du Mali “dans les prochaines années”, a annoncé le Premier ministre Edouard Philippe lors d’une conférence de presse. Les accords ont été signés à la primature de Bamako lors d’une cérémonie conjointe avec son homologue Soumeylou Boubèye Maïga.

“C’est important de livrer des combats pour gagner la guerre, mais c’est aussi important de construire la paix et la prospérité”, a fait valoir avant la cérémonie M. Philippe, qui devait se rendre en fin de journée à Gao (nord) auprès des troupes françaises, insistant sur les “deux jambes” de la sécurité et du développement.

Dans le détail, il s’agit d’un prêt souverain de 50 millions d’euros destiné à des projets d’adduction d’eau potable dans cinq villes du centre du pays (Koulikoro, Ségou, San, Mopti-Sévaré et Bandiagara) qui doit alimenter 500.000 personnes.

Ont également été validés une aide de 10 millions d’euros pour le Trésor malien “pour couvrir des besoins urgents de trésorerie”, une subvention de 10 millions pour “la modernisation des finances publiques” maliennes, et enfin 15 millions destinés à la formation professionnelle destinés à 7.500 Maliens.

La dégradation sécuritaire au Mali depuis 2012 a grevé les ressources fiscales du pays, déjà minces.

Ces dix dernières années, la France a versé 700 millions d’euros d’aide au développement au Mali, selon les chiffres communiqués par Matignon, et le rythme annuel est en forte hausse au moment où Paris renforce ses aides aux Etats sahéliens.

Quelques projets privés ont également été présentés, dont un engagement d’achat de 3.000 tonnes de coton du géant français de la distribution Carrefour pour “structurer la filière du coton bio au Mali”, redevenu premier producteur africain de coton.

Plus tôt dans la matinée, en périphérie de Bamako, Edouard Philippe avait inauguré une grande station de pompage sur le fleuve Niger, qui doit alimenter une station de traitement d’eau dont l’inauguration est prévue mi-2019. Cet investissement de 500 millions d’euros, financés par des bailleurs internationaux dont la France, doit desservir un million d’habitants de la capitale malienne.

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