Discours d’investiture de la Présidente des Etats-Unis

La Présidente des Etats-Unis!

Peu glamour, on la voit au début du spectacle en robe de chambre et chaussettes molletonnées, au saut du lit, buvant son thé dans son intérieur bourgeois.
Elle nous livre ses réflexions, ouvre son coeur avec sincérité, évoquant son enfance et ses premières émotions. En pensée, elle convoque Margareta et Jim, un couple de voisins charmants qui avaient tenu pour elle le rôle d’aïeuls à la mort de ses grands parents et avaient enchanté sa vie.
Jim, professeur d’histoire, avait souhaité lui enseigner la “vraie” Histoire, alors qu’elle était une petite fille. La question de la guerre était devenu le sujet essentiel. Il avait connu l’horreur de celle de 14-18.
Nous sommes tous d’accord pour condamner la guerre, sauf qu’elle exerce dans le monde une telle fascination. Serait-elle inhérente à la nature humaine?

La réponse est sans appel : “Quelle mystification!” L’homme a le choix d’être bon ou mauvais. 
Tuer est une hérésie, une régression vers le bas de l’échelle de l’humanité.

Alors pourquoi la guerre, pourquoi la haine?

C’est toujours la même histoire. La Patrie en danger, Dieu avec nous, les Juifs … on exploite la peur, la misère, le ressentiment … Et, inlassablement, se remet en place la culture de la violence.
Compétition, profit, manipulation, orchestration du chaos … l’homme redevient le prédateur de l’homme.
Jim n’a jamais pu se débarrasser de la guerre. Margareta, elle, lui a transmis l’amour de la vie. L’issue en est la mort, certes, mais si l’on parvient à se forger une morale humaine, on transcende notre condition sur terre pour exister pleinement.
“Regarde autour de toi! Ne crois-tu pas que notre monde est un joyau? Et nous, des êtres privilégiés?”

” Et l’art affirme ce que l’homme a de meilleur …”

Le moment est venu maintenant de prononcer son discours d’investiture.
L’instant est d’importance. Première femme Présidente des Etats-Unis, elle veut changer le monde.

Ancienne biologiste, elle s’est  tournée vers la politique. Pour elle, ces deux disciplines sont complémentaires en ce qu’elles nous rapprochent toutes deux du vivant.

“S’inspirer des autres espèces pour améliorer l’organisation de la vie en société.”

L’utopie, c’est de croire que l’on peut résoudre les problèmes par la violence.

Le seul projet politique capable d’assurer notre survie : nous reconnaître comme semblables, au-delà des considérations de nationalité, de couleur, d’idéologie, de religion …
Plus que jamais, nous avons besoin de gouvernants visionnaires, respectueux de la nature humaine et du monde, soucieux de promouvoir une société harmonieuse.
Quand bien même ce serait une utopie, ne sont-ce pas les utopies et les rêves qui font avancer le monde?
La pièce se termine par une citation du sublime film “Le Dictateur” de Chaplin : “
“L’amour est dans vos coeurs, pas la haine! Vous avez le pouvoir de créer le bonheur, d’embellir la vie, d’en faire une merveilleuse aventure! Au nom de la démocratie, utilisons ce pouvoir! …”

Une pièce de Roger Lombardot, belle mise en scène minimaliste de Chantal Peninon, jouée par Claudine Guittet en un magnifique monologue-plaidoyer, solennel et émouvant.
Claudine Guittet a terminé les représentations parisiennes de la pièce et a eu la chance de partir la défendre à Boston dans le cadre du Mois de la Francophonie.
Elle l’a jouée le 15 mars dernier au Matignon High School Theater.

Elle la reprendra cet été au Festival Off d’Avignon, au Théâtre La Croisée des Chemins.

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