DÉGÂTS ET BILANS D’IRMA, JOSÉ ET KATIA

GABRIEL MIHAI

L’ouragan Irma a tué 25 personnes dans les Caraïbes et se dirigeait vers la Floride. Les sinistrés redoutent aussi un autre ouragan José et Katia.

Gigantesque dépression de la taille du Texas, Irma oscille entre la catégorie 5, la plus élevée sur l’échelle d’intensité des cyclones tropicaux, et la catégorie 3, avec des vents soutenus de 240 à 295 km/h, selon les données du Centre américain des ouragans (NHC).

Selon les déclarations des gouvernements concernés, le bilan provisoire est de 25 morts (10 dans les îles françaises de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, 6 dans les territoires d’outre-mer britanniques, 4 dans les îles Vierges américaines, 2 à Porto Rico, 2 dans la partie néerlandaise de Saint-Martin et un à Barbuda). Les Caraïbes attendaient en outre avec angoisse le passage de l’ourgan José, qui semblait toutefois avoir diminué en intensité lors des dernières heures, samedi.

Quelques heures plus tard, l’ouragan traverse l’île française de Saint-Barthélemy puis celle franco-néerlandaise de Saint-Martin, avec des rafales à 360 km/h. Irma fait 10 morts dans la partie française de Saint-Martin, deux morts dans la partie néerlandaise. Les dégâts sont énormes, Paris et La Haye dénoncent des pillages.

Le coût des dommages est évalué à 1,2 milliard d’euros à Saint-Martin et Saint-Barthélemy par le réassureur public français Caisse Centrale de Réassurance. Dans l’archipel britannique d’Anguilla, situé juste au nord de Saint-Martin, la police fait état d’une personne décédée.

Les deux îles ont toutefois été épargnées par José, passé samedi soir plus loin que prévu. Le centre de José, ouragan de niveau 4 sur une échelle de 5, est passé à environ 135 km de Saint-Barthélemy et 125 km de Saint-Martin, qui avaient été placées en vigilance maximale violette, synonyme de confinement total pour les habitants.

«Du fait d’un passage plus lointain que prévu, les effets en cours sur le territoire sont nettement moins marqués», a fait savoir Météo-France, avec des vents soufflant en moyenne à 35/40 km/h et de 60 à 80 km/h en rafales. D’après les journalistes de l’AFP sur place. «Il n’y a même plus un nuage», selon l’une d’elle confinée dans la partie française de Saint-Martin, qui a été détruite à 95% par Irma.

Les îles caribéennes de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, finalement épargnées par l’ouragan José, vont devoir s’attaquer à la reconstruction, alors qu’Irma a tout ravagé sur son passage.

Contrairement au scénario redouté, le centre de José, ouragan de niveau 4 sur une échelle de 5, est passé samedi à environ 135 km de Saint-Barthélemy et 125 km de Saint-Martin et ses effets ont été «nettement moins marqués», a observé Météo-France, avec des rafales de vent de 60 à 80 km/h.

«C’est un soulagement de fou! On est très heureux, très contents», a confié Junior Joseph, 28 ans, confiné samedi dans un établissement scolaire à Saint-Martin. À ses côtés, Donald Tchuisseu, la trentaine, se dit aussi «soulagé, limite heureux».

Dans la partie néerlandaise de l’île, des évacuations de touristes devaient reprendre dimanche. Le roi des Pays-Bas, Willem-Alexander, doit se rendre sur l’île de Curaçao, pour s’informer sur les opérations de secours, puis «si possible» à Saint-Martin.

Saint-Barthélemy et Saint-Martin, paradis tropicaux aujourd’hui dévastés, doivent maintenant affronter de nombreux problèmes immédiats: manque d’eau, de nourriture, pas d’électricité. L’hôpital, lui, est lourdement endommagé. Et la grogne monte parmi les habitants, dont certains se sentent abandonnés.

L’eau et la nourriture doivent «désormais être distribuées à la population dans des conditions d’acheminement difficiles», a déclaré le premier ministre français Edouard Philippe samedi soir.

Il faut aussi sécuriser l’île, où le chaos profite aux pilleurs qui ont dévalisé des magasins et des pharmacies. Les effectifs militaires et de police vont être «doublés» pour «renforcer rapidement la sécurité des sinistrés», a tweeté le président Emmanuel Macron samedi soir.

Outre les 410 gendarmes et 80 policiers déjà sur place, trois escadrons de gendarmerie mobile, soit «240 gendarmes supplémentaires», vont être déployés, a détaillé Edouard Philippe.

«Je comprends parfaitement la colère de ceux qui ont ce sentiment d’abandon immédiat», mais «plus de 1000 personnes sont immédiatement intervenues sur site» et «depuis quatre jours, les services publics sont hyper mobilisés», a fait valoir dimanche le porte-parole du gouvernement français Christophe Castaner.

L’ouragan Irma a fait au moins dix morts et sept disparus dans les îles françaises, selon le dernier bilan, deux dans la partie néerlandaise. Au total 25 personnes ont été tuées pendant son passage dans les Caraïbes.

Un autre ouragan, José, qui s’est renforcé en catégorie 4 avec des vents de 240 km/h, progressait samedi soir vers l’ouest, menaçant les Antilles.

Il est toutefois passé, dimanche matin, plus loin que prévu de Saint-Martin et Saint-Barthélemy et a eu des effets «nettement moins marqués» sur ces deux îles antillaises déjà dévastées par le cyclone Irma, selon Météo France.

Les deux îles placées en alerte maximale ont été épargnées par José, d’après les journalistes de l’AFP présents sur place. «Il n’y a même plus un nuage», selon l’une d’elle.

D’après Météo France, dans la nuit de samedi à dimanche, «le centre de José est passé à environ 135 km de Saint-Barthélemy et 125 km de Saint-Martin» et s’éloigne désormais des deux territoires. «Du fait d’un passage plus lointain que prévu, les effets en cours sur le territoire sont nettement moins marqués», selon le service de prévision.

Un troisième ouragan, Katia, a fait au moins deux morts au Mexique. Il a été rétrogradé samedi en dépression tropicale après avoir touché la côte atlantique du Mexique durant la nuit de vendredi à samedi comme ouragan de catégorie 1. Ce pays avait été meurtri jeudi soir (04H49 GMT vendredi) par un séisme sur sa façade Pacifique qui a fait au moins 61 morts.