David Zienkiewicz : « Ma vie est une évidence. Je vais tout obtenir tout seul ».

Il y a des rencontres qui ne s’expliquent pas et auxquelles on ne s’attend pas. Deux ou trois mots échangés suffisent à susciter l’intérêt sur un parcours qui s’avère hors-norme marqué par les épreuves. C’est le cas de David Zienkiewicz. À 36 ans, avec 40 sauts en parachute à son actif, l’itinéraire de ce boxeur accompli, semble tout droit extrait du livre « Sans famille ». Comme le petit Rémi, le touche-à-tout mi russe mi polonais n’a de cesse de chercher et d’assembler les pièces cachées du puzzle de sa vie pour se construire lui-même. Ex-pompier devenu pompiste puis plombier, sa soif de réussite n’a jamais été aussi forte. Rencontre avec un chef d’entreprise atypique, dynamique, empli de sensibilité et de générosité qui déborde d’énergie et de projets.

Impact European : Vous avez été pompier pendant dix ans que ce soit en province, en banlieue ou à Paris. Sauvez des vies était une vocation ?

David Zienkiewicz : Tout à fait, mais dans l’optique d’aider les gens pour les sauver.

IE : Cette expérience vous a-t-elle marqué ?

DZ : Je dirai davantage formé. Je n’en garde aucune séquelle stressante ou déstabilisatrice. Cette expérience m’a permis d’être plus fort, plus responsable et plus serein. J’en suis ressorti plus homme.

IE : Qu’est-ce qui a motivé votre décision d’arrêter ?

DZ : Je me retrouvais souvent en confrontation avec mes supérieurs. J’ai eu envie de passer à autre chose.

IE : Cette autre chose, ce fut pompiste et plombier en simultané. Comment réussit-on ce grand écart ?

DZ : Ce ne sont que des concours de circonstance. Depuis que j’ai arrêté d’être pompier, ma vie n’est faite que de hasards, de rencontres et d’opportunités. J’ai décidé d’aller vers là où mon instinct me porte.

IE : Certes, mais on ne s’improvise pas pompiste ni plombier ?

DZ : À croire que j’avais ça en moi. Beaucoup m’ont dit que sans connaissance j’irai à ma perte. La gestion des volumes, le chiffre d’affaires et les rentabilités d’une pompe à essence sont très complexes. Par les cours et les prix des carburants qui changent en permanence, c’est de la comptabilité chirurgicale. Quant à la plomberie, ça m’attirait depuis longtemps. Je me suis alors associé à un compagnon de France, meilleur élève pendant dix ans, hautement qualifié pour m’apprendre tous les rouages afin que je crée ma propre société.

IE : À Paris, les stations-essence ne sont pas légion. La vôtre dans le 11ème arrondissement est très atypique. N’est-ce pas osé d’y proposer des produits régionaux de votre Meuse natale ?

DZ : Si ça, c’est osé, ce n’est que l’apéritif des projets que je souhaite développer ! Il était normal pour moi de mettre en avant les petits producteurs de ma région qui sont des gens courageux et respectables dont on ne parle pas assez et donc, que personne ne connaît.

IE : Quels sont les produits que vous vendez ?

DZ : Je propose à ma clientèle qui m’accorde toute sa confiance, différents vins, des truffes, du miel à la truffe, de la confiture à la truffe, de la poudre de truffes, des bergamotes, des dragées, des madeleines de Commercy ainsi que des séjours en Lorraine en VIP pour visiter les champs de bataille.

IE : Vous ne faites rien comme tout le monde. Est-ce votre marque de fabrique ?

DZ : De plus en plus. Instinctivement, je prends plaisir à aller à contre-courant.

IE : À quoi est due votre soif de vivre ?

DZ : À mon enfance difficile dans les quartiers de Verdun, au suicide de mon père alors âgé de trente ans, aux mensonges de ma mère sur lui et sur mes origines, à mes placements successifs en foyers du fait du danger qu’elle représentait pour moi, à mon mariage ponctué par un divorce compliqué, à mes deux banqueroutes.

IE : Que d’épreuves qui vous poussent à prendre votre revanche sur la vie ?

DZ : Elles sont très lourdes et pas banales, certes, mais je n’en garde pas trop de séquelles. Elles font partie de mon passé et ont fait l’homme que je suis.

IE : Votre réussite, c’est donc celle de la vie ?

DZ : Exactement. Et pour cela, j’écoute les anciens à la lettre. Je ne change pas l’équation de base. Je ne fais qu’ajouter ce que j’ai compris pour la rendre plus forte et plus puissante. J’ai rentabilisé chaque domaine dans lequel je me suis développé. Ma réussite vient de là.

IE : Après quoi courez-vous ?

DZ : La réussite financière pour la redistribuer aux plus précaires.

IE : Vous êtes un touche-à-tout. Est-ce une façon de canaliser votre côté hyper actif ?

DZ : Oui. Je travaille 15 à 18 heures par jour. C’est pourquoi j’ai besoin de courir 10 à 15 km tous les deux ou trois jours (NDLR : il vient de courir le marathon de Paris), de faire 10h de boxe par semaine et de faire des affaires pour assurer mes arrières et ceux de ma famille.

IE : Est-ce également par peur de passer à côté d’une opportunité ?

DZ : Petit, manquant d’argent, je ne pouvais jamais rien faire. Je n’avais pas les moyens d’aller à la bibliothèque ou de faire du sport. Ne pas pouvoir faire de choses m’a beaucoup meurtri.

IE : C’est ce qui explique que vous venez de vous développer dans le vin avec Exult World Wines ?

DZ : C’est plus une question de partage. J’apprécie les bonnes choses qui ont du goût. Je souhaite rendre accessible à tous par leur prix, des vins qui n’ont pas l’habitude de l’être.

IE : Comment est né cet intérêt ?

DZ : Par le manque de ma fille dont me prive mon ex-femme. Il fallait que je m’occupe encore plus que je ne l’étais et que je me recentre sur ce que j’aimais pour ne pas perdre pied, ni la vie. J’ai repris la boxe à très haut niveau et ai fait des combats à l’international. Puis le vin. Découvrir des cépages qu’on ne connaissait pas, est devenu une activité.

IE : Comment se sentir crédible alors que vous n’avez pas pris de cours d’œnologie ? Seriez-vous un usurpateur ?

DZ : Non, je suis autodidacte et le revendique.  C’est une respiration de cœur normale et naturelle pour moi. J’ai plaisir à regarder la matière, la sentir, l’observer. J’aime imaginer le travail du vigneron, l’animal qui est passé dans les chais, le pressage du raisin, la vinification. Je ressens, comprends ce qu’il y a à comprendre et transmets avec mes mots. Je suis un passeur d’émotion et de sensation et non de frustrations. Ça, je les garde pour moi.

IE : Si vous étiez un vin, lequel seriez-vous ?

DZ : Un vin de montagne, atypique issu de Jujuy en Argentine.

IE : Vous êtes très ami avec Pierre-Jean Chalençon (NDLR : célèbre acheteur de l’émission « Affaire conclue » sur France 2). Est-ce lui qui vous a transmis le plaisir de la transaction d’œuvres d’art ?

DZ : Absolument pas. Ça remonte à mon enfance. Petit déjà, j’aimais par simple instinct, collectionner tout ce qui était subtile, tout ce qui avait une histoire. Avec Pierre-Jean, nous nous connaissons depuis plus de 15 ans. Nous avons la même sensibilité des œuvres d’art et en achetons ensemble. Il m’a soutenu et m’a aussi aidé à être celui que je suis.

IE : Quel(s) conseil(s) donneriez-vous un jeune qui se cherche ?

DZ : « Va à l’envers de tout ce qu’on te dit. Tu réussiras sûrement. Ton atypisme paiera. »

IE : Enfant, comment vous projetiez-vous ?

DZ : Quitte à passer pour un prétentieux, j’ai toujours su que l’incompris que j’étais et qui était mis de côté allait faire des choses hors-norme, non stéréotypées. Je savais que j’allais gagner de l’argent, que j’aiderai les gens et que ma vie familiale serait compliquée.

IE : Quel est votre rêve ?

DZ : Tous les jours est un rêve. Je me lève, je respire, j’aime la vie. Ce que j’ai est fantastique. Certes, j’aspire à devenir un homme d’affaires au chiffre mensuel de 100 000 euros à la tête d’une société de vins internationale, mais mon rêve, c’est d’en donner aux autres. C’est le plus important. Tout le reste n’est qu’un jeu.

IE : Avez-vous des regrets ?

DZ : Celui de ne pas avoir connu mon père, un charcutier désosseur. C’est pourquoi j’essaie de renouer avec sa famille.

IE : Votre parcours, ponctué d’épreuves, pourrait être un exemple. Pensez-vous raconter votre histoire ?

DZ : Je pense en effet à l’écrire. J’ai déjà le titre « La réussite de 1 euro à 1 million d’euros ». Je souhaite également écrire sur le rapport père enfant mère.

IE : C’est en référence à l’association « Papa poule 2 » ?

DZ :  Tout à fait. À la suite de mon éprouvant divorce, je ne peux voir ma fille qu’une heure tous les 15 jours dans un centre « père à problème ». Grâce à sa mère, je suis victime de 17 chefs d’inculpation. Un acharnement non fondé qui aujourd’hui risque de placer ma fille, tout comme je l’ai été. Rien que d’y penser m’est insupportable. L’association aura pour mission de protéger les pères qui n’auraient pas la force de lutter et de se battre.

IE : Que peut-on vous souhaiter ?

DZ : Rien. Ma vie est une évidence. Je vais tout obtenir tout seul.

 

Exult World Wines : Life’s Finest Pleasure

Station essence Elan : 175, av Ledru-Rollin (Paris XIème) du lundi au vendredi de 07h00 à 20h30, le samedi de 08h00 à 20h00 et le dimanche de 10h00 à 17h00 – FB : Station Voltaire

Visuels : © DR

   

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