Comme d’autres grandes villes, Bordeaux connaît depuis deux à trois ans des problèmes de logement particulièrement aigus.

GABRIEL MIHAI

Des messages contre l’arrivée de Parisiens apparaissent dans la ville. Le maire de Bordeaux menace de prendre des mesures judiciaires.

Il y aurait une fronde anti-Parisiens à Bordeaux. Les attaques se multiplieraient depuis la mise en service de la LGV mettant Bordeaux à 2h de Paris. La polémique a pris une nouvelle dimension avec le tweet d’Alain Juppé ce mercredi, mais dans les rues, aucun Bordelais ne se reconnaît dans ce buzz.

Il n’est pas simple déjà de trouver les autocollants incriminés, en noir et blanc, intimant : « Parisien, rentre chez toi ». Les Bordelais que nous avons rencontrés, ne les ont pas vus. Tout juste ont-ils été alertés de ce tweet du maire de Bordeaux Alain Juppé ce mercredi matin qui a placé la polémique parmi les sujets les plus commentés sur les réseaux sociaux.

Le maire de Bordeaux perd patience. Ce mercredi 25 octobre, Alain Juppé s’est indigné sur Twitter des messages peu bienveillants envers les nouveaux arrivants qui apparaissent dans les rues de sa ville. L’ancien ministre de la Défense envisage même de prendre des mesures judiciaires pour y remédier.

« Les attaques anti-nouveaux arrivants à Bordeaux sont une honte. J’envisage de saisir la justice. Notre ville est accueillante et le restera », affirme-t-il sur le réseau social. Comme le précise Sud Ouest, Alain Juppé fait notamment référence aux autocollants « Parisien, rentre chez toi », placés sur les murs de l’agglomération.

Autant de maux attribués à une arrivée des Parisiens. De fait, les autocollants « Parisien, rentre chez toi » sont agrémentés d’un dessin de TGV, rappelant la ligne mise en place entre Bordeaux et Paris en juillet dernier, rendant la migration de citadins parisiens plus aisée.

Sud Ouest note également un agacement plus large envers un phénomène d’embourgeoisement du côté du quartier de Saint-Michel, où apparaissent des tags tels que « Saint-Mich’ nique les riches ».

Un auto-collant a été retrouvé aux Chartrons, un autre à la gare, un troisième près du stade Chaban-Delmas, mais Céline et Ludovic n’en n’ont même pas entendu parler : « pas vu non, ni ressenti d’ailleurs une quelconque fronde anti-Parisiens, à part peut-être deux ou trois réflexions sur le prix de l’immobilier qui grimpe et qui serait la faute des Parisiens ». La hausse du prix au m² est constante depuis dix ans à Bordeaux. Elle s’est accélérée sur un an (+15%), « mais comme ç’a été le cas à Nantes ou Rennes » selon Anne-Iris Poussièlgues, la fondatrice de l’association Parisiens de Bordeaux, créée il y a 5 ans et qui revendique 500 membres.

Comme d’autres grandes villes, Bordeaux connaît depuis deux à trois ans des problèmes de logement particulièrement aigus.

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