Code du travail : Mélenchon revendique plus de 150.000 manifestants à Paris, transportés en autocar

GABRIEL MIHAI

À l’appel de La France insoumise, des milliers de manifestants ont protesté contre le «coup d’Etat social» d’Emmanuel Macron.

Des dizaines de milliers de personnes ont défilé ce samedi à l’appel de Jean-Luc Mélenchon et de son parti La France insoumise, venus dans tous la France, transportés par les autocar, pour dire non au « coup d’Etat social » que constituent les ordonnances d’Emmanuel Macron réformant le Code du travail. C’est en tout cas ce que le leader politique a annoncé au début de son discours, qui concluait la marche des insoumis.

L’objectif du tribun de la gauche radicale est de prendre la tête du combat contre la réforme du droit du travail du président Emmanuel Macron. «La bataille de France est commencée», a lancé cette semaine le chef de file de La France insoumise qui a qualifié de «coup d’Etat social» le projet gouvernemental.

Depuis quelques jours, la tension était montée d’un cran entre les deux alors que le chef de l’État avait assuré que « la démocratie, ce n’est pas la rue ». Sur la scène installée place de la République, Jean-Luc Mélenchon a tenu à lui répondre assurant qu’Emmanuel Macron devait « consulter l’Histoire de France » : « C’est la rue qui a abattu les rois, les nazis, le plan Juppé et le CPE… (…) La bataille n’est pas finie, elle commence », a-t-il lancé.

En tête de la fronde, la CGT, l’un des principaux syndicats français, a organisé deux journées de grève et de manifestations dans toute la France les 12 et 21 septembre, avec un succès mitigé. Dopé par son score record à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon espérait bien faire mieux samedi. Il avait appelé à «une déferlante» des opposants à la réforme dans les rues de la capitale.

Après une marche dans Paris, les manifestants ont assisté à un discours particulièrement offensif du leader du parti, Jean-Luc Mélenchon.

Un peu avant sa prise de parole, de brefs incidents ont éclaté entre militants radicaux du « black bloc » et des partisans de la France insoumise. En arrivant place de la République, les quelques dizaines de militants radicaux, qui défilaient en amont du cortège parti de la place de la Bastille, ont couru vers la scène où ils ont arraché des affiches du parti politique. Certains, vêtus de noir et visages masqués, ont jeté des projectiles sur la scène et renversé des barrières.

Jean-Luc Mélenchon a entamé son discours à 17 heures, quelques huées ont fusé, puis est survenu un petit mouvement de foule, ainsi que quelques empoignades, lorsque des partisans de la France insoumise ont voulu éloigner des abords de la scène les perturbateurs.

Hormis ces incidents, la manifestation s’est déroulée « dans d’excellentes conditions de sécurité », précise la préfecture de police de Paris, qui ajoute qu’ « aucune dégradation n’a été constatée sur l’itinéraire du cortège ».

Jean-Luc Mélenchon a affirmé samedi sur les ordonnances réformant le Code du travail que « la bataille n’est pas finie, elle commence ». « Avant la ratification des ordonnances par le Parlement, je souhaite, avec les organisations syndicales, et nous sommes prêts à nous ranger derrière elle, une action forte et dense », a-t-il lancé, dans son discours à Paris, en évoquant la possibilité de « déferler à un million sur les Champs-Elysées ».

Jean-Luc Mélenchon a appelé samedi étudiants, lycéens et apprentis à se « mettre en mouvement » pour obtenir le retrait des ordonnances réformant le Code du travail et d’autres décisions prises par le gouvernement depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Elysée.

La mobilisation de samedi est scrutée de près par le gouvernement, la grogne sociale allant se poursuivre avec des barrages dressés dès lundi par des routiers en colère. Suivront un mouvement de protestation des retraités le 28 septembre, ou encore des fonctionnaires, le 10 octobre.

 

 

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