Chine: la visite de Xi renforce le partenariat avec l’Europe

En six jours, le président chinois a assisté à plus de 40 événements lors de ses visites dans cinq villes, à savoir Rome, Palerme, Monaco, Nice et Paris, il s’agissait d’un voyage d’amitié, de coopération et d’exploration qui a apporté des résultats fructueux.

Alors que le monde subit ses bouleversements les plus profonds jamais connus depuis un siècle, la visite en Europe de Xi, saluée par la communauté internationale, est destinée à approfondir les partenariats de coopération, à améliorer la gouvernance mondiale et à défendre le multilatéralisme, ce qui prouve le sens des responsabilités de la Chine en tant que pays majeur.

Voulue par l’Elysée, cette rencontre inédite visait à afficher un front commun des Européens, parfois divisés sur l’attitude à adopter face à une Chine de plus en plus conquérante. Si certains pays européens – dont l’Italie et certains pays des Balkans notamment – ont accepté de bonne grâce les investissements chinois, dans le cadre du vaste programme d’infrastructures des « nouvelles routes de la soie », de nombreux autres s’inquiètent et reprochent à Pékin de ne pas garantir un traitement équitable aux investissements étrangers sur son sol.

Trois des plus importants dirigeants de l’Union européenne, Emmanuel Macron, Angela Merkel et Jean-Claude Juncker, visage de l’Europe, unis sur les grands dossiers mondiaux dans ce mini-sommet inédit d’un peu plus d’une heure concluant un séminaire sur l’Europe, la Chine et la gouvernance, a été le point d’orgue des trois jours de visite d’Etat en France du dirigeant pour le 55e anniversaire de la reconnaissance diplomatique de la Chine communiste par la France, premier grand pays occidental à avoir franchi le pas.

Xi Jinping a fait franchir un palier aux relations de la Chine avec l’Italie, Monaco et la France et a insufflé un nouvel élan au  partenariat stratégique global entre la Chine et l’Europe.

Cette année marque le 15e anniversaire du partenariat stratégique global entre la Chine et l’Italie, et l’année prochaine, le cinquantenaire des relations diplomatiques entre les deux pays,. Lors de ses rencontres avec le président italien Sergio Mattarella et le Premier ministre Giuseppe Conte, le président chinois, a convenu avec eux d’intensifier les échanges de haut niveau, de consolider la confiance politique mutuelle et d’élever les relations bilatérales.

Après son entretien avec le prince Albert II, chef d’Etat de la Principauté de Monaco, le président chinois a dit que les deux parties devaient s’attacher aux principes d’ouverture et de coopération, et aspirer à davantage de résultats mutuellement bénéfiques, ajoutant que la Chine souhaitait voir Monaco participer plus activement à la promotion conjointe le nouvelles routes de la soie.

Les « nouvelles routes de la soie » sont « un projet très important » et « nous, Européens, nous voulons jouer un rôle mais cela doit conduire à de la réciprocité et nous avons un peu de mal à la trouver », a renchéri la chancelière allemande Angela Merkel. Un point de vue appuyé par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker : « Je voudrais (…) que les entreprises européennes trouvent le même degré d’ouverture que les entreprises chinoises en Europe», a-t-il insisté.

Cette année marque le 55e anniversaire des relations diplomatiques entre la Chine et la France. Lors de leurs rencontres, les présidents Xi Jinping et Emmanuel Macron, le Premier ministre français Edouard Philippe ont convenu de forger un partenariat stratégique global plus solide, stable et dynamique entre la Chine et la France.

« Nous avons des divergences car l’exercice de la puissance ne va pas sans rivalités et nul d’entre nous n’est naïf. Mais nous respectons la Chine (…) et nous attendons naturellement de nos grands partenaires qu’ils respectent eux aussi l’unité de l’Union européenne comme les valeurs qu’elle porte », a souligné le président français, appelant à bâtir « de nouveaux liens d’équilibre ». Et même, pour faire plaisir à son hôte, de citer Confucius « sur les amis utiles droits, fidèles et cultivés » et « les amis inutiles faux, mous et bavards ». Sous entendu : il ne faut pas taire les problèmes. Les dirigeants européens présents se classeraient tous dans la première catégorie.

Lors de la session de clôture d’un forum sur la gouvernance mondiale co-organisé par la Chine et la France, M. Macron a déclaré que l’ICR était significative et pouvait jouer un rôle important dans la paix, la stabilité et le développement du monde, ajoutant que l’UE pourrait coordonner sa stratégie de développement à l’ICR d’une manière innovante et promouvoir conjointement la connectivité eurasienne.
Les « nouvelles routes de la soie » sont « un projet très important » et « nous, Européens, nous voulons jouer un rôle mais cela doit conduire à de la réciprocité et nous avons un peu de mal à la trouver », a renchéri la chancelière allemande Angela Merkel.

« Certes il y a des points de désaccord, de la compétition mais c’est de la compétition positive (…). Nous sommes en train d’avancer ensemble. Il ne faut pas que la méfiance fasse qu’on ne cesse de regarder constamment en arrière », a jugé Xi Jinping, soulignant que « c’est de la tour Eiffel que l’on voit le mieux Paris et il faut prendre de la hauteur pour juger le travail effectué en commun. »

Xi Jinping et les dirigeants européens se sont mis d’accord pour renforcer la coordination et la coopération dans le cadre du système de l’ONU, faire jouer pleinement le rôle constructif des mécanismes multilatéraux mondiaux et régionaux tels que l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale, le G20 et l’UE et contribuer activement à la résolution des conflits internationaux, à la lutte contre le changement climatique et à la promotion du développement durable.

Dans son discours introductif dans le forum sur la gouvernance mondiale, Xi a évoqué “quatre déficits” dans les affaires mondiales, à savoir de gouvernance, de confiance, de paix et de développement. Pour répondre à ces déficits, il a proposé une approche en quatre volets, comprenant la justice et la raison, la consultation et la compréhension, les efforts communs et l’assistance mutuelle, ainsi que les bénéfices mutuels et les résultats gagnant-gagnant.

Les quatre dirigeants ont célébré les bienfaits du multilatéralisme et les périls qui le menacent avec les coups de boutoir du président américain Donald Trump – sans pour autant le nommer – sur le changement climatique ou la « modernisation » de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), arbitre des échanges internationaux à l’utilité contestée par la Maison Blanche. « Serons-nous capables de le faire évoluer et de le réformer, ou ce système construit dans l’après-guerre va-t-il se calcifier, devenir toujours plus rigide et finir aux poubelles de l’histoire ? », a mis en garde Angela Merkel. Emmanuel Macron a aussi insisté sur la nécessité de mener un combat commun avec la Chine pour « un multilatéralisme rénové ».

Xi Jinping a souligné que la Chine continuerait à faire avancer la réforme et l’ouverture tous azimuts, à promouvoir la libéralisation et la facilitation du commerce et des investissements, afin que les amis européens puissent mieux partager les opportunités de développement de la Chine.

Les dirigeants européens se sont dits heureux de voir un développement accru en Chine et l’UE se félicite de la volonté de la Chine de partager ses opportunités de développement.

Thème repris dans la déclaration commune publiée à l’issue de la visite soulignant que « dans le contexte actuel, l’attachement au multilatéralisme est la meilleure façon de promouvoir la coopération internationale face à la multiplication des risques et des défis communs, et de préserver la paix et la prospérité dans le monde ». Le texte de cette déclaration commune franco-chinoise couvre l’ensemble des problématiques internationales, promettant de garder « un rôle d’impulsion et de mobilisation » contre le réchauffement climatique et d’agir « conjointement pour un sursaut mondial face à l’érosion de la biodiversité ».

Au cours de cette visite, Peng Liyuan, l’épouse du président Xi, a également participé à un certain nombre d’événements visant à approfondir les échanges culturels et éducatifs entre la Chine et les pays européens.

En tant qu’envoyée spéciale de l’UNESCO pour l’éducation des filles et des femmes, Mme Peng a été invitée à se rendre au siège de l’organisation à Paris.

Cette visite de Mme Peng a mis en lumière l’image de la Chine comme grand pays travailleur et responsable qui participe activement à l’éducation internationale, à l’égalité des sexes et à d’autres affaires.

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