C’est grave docteur ?

Qu’il est long le temps dans une salle d’attente d’un généraliste avec ces gens qui ont les mêmes inquiétudes et le même stress que soi. On y côtoie des patients avec leurs microbes. « On arrive avec les siens et on repart avec ceux des autres ». Alors, quitte à attendre son tour, quoi de mieux lorsqu’on est hypocondriaque, qu’une thérapie de groupe ?

Parce que Laurent Barat a quarante ans et il est angoissé. Lui, l’impatient et l’intolérant n’y était pas prêt. « L’âge, ce n’est pas celui qu’on a dans la tête, mais dans le dos et dans les jambes ». Alors tout va être prétexte pour lui. Maux en tout genre sont examinés au microscope. L’analyse des syndromes est l’occasion pour l’humoriste niçois de se raconter en toute transparence. Le temps qui passe, le traumatisme de la chute de cheveux, le mangé équilibré. Parlons-en justement. « Les habitudes alimentaires ont changé en quelques années. C’est bien, mais il faut suivre le rythme ». « Bio, c’est bon, mais cher et pas festif ». Et les flexitariens ? Raisonnables et raisonnés « Ils sont sensibles à la cause animale, mais en chipolatas ça passe (…) Bientôt, même le SDF dans le métro sera végétarien ». Dans son diagnostic existentiel, il évoque avec sensibilité et émotion sa grand-mère vietnamienne, Emilie âgée de 88 ans, sa meilleure amie, la femme de sa vie, sa première fan qui regarde la télévision toute la journée, attendant de le voir sur le petit écran, mais… il n’y passe pas. Il parle de lui, de sa mixité mi pied noir, mi vietnamienne, vivant à Paris depuis 4 ans et demi dans un petit appartement « bio tellement il est cher ». De sa rupture par FaceTime il y a huit mois avec une banquière, de la vie de couple avec l’intimité partagée, de ses amis s’escrimant à lui trouver l’âme sœur, du sport auquel il s’adonne depuis peu avec détermination.

Ah quelle est longue et pesante cette attente chez le médecin ! Alors, celui que l’on retrouve aux côtés d’Anne Roumanoff sur Europe 1 continue l’osculation.  Il analyse l’optimisme des parisiens dans les transports en commun, s’interroge sur la banalisation du mot déprime, la cruauté du monde de l’entreprise, le phénomène de société que sont les « instagrameuses », qui photographient tout ce qu’elles mangent, la mort et sa légitimité en tant que Papa. « C’est un boulot. Je ne sais pas si je serai prêt (…) et pourtant, la paternité, c’est le plus beau des rôles ».

Autant d’interrogations exorcisées pendant 1h30 par le quadra en attendant que vienne sa consultation. Mais plus besoin d’ordonnance pour son mal de gorge. Au revoir angoisses et phobies. Ils les a soulagées.  In fine, « rien n’a plus d’importance que de profiter de la vie ».

Laurent Barat dans « En toute transparence », un one man show rythmé, sympathique et convivial, quelque peu décousu dans le fil conducteur des sketches, où humour bienveillant et improvisation trouvent toute leur place, mis en scène par Gil Marsalla, sous la direction Pascal Légitimus. Un artiste très prometteur en tournée dans toute la France – Infos et dates sur http://www.directoproductions.com/spectacles/laurent-barat/

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