Campagne du Ruban Blanc pour la lutte contre les violences faites aux femmes

Véronique YANG

Alors que la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes s’est tenue le 25 novembre dernier, la campagne Ruban Blanc a commencé le 24 novembre et se terminera le 10 décembre. Elle est organisée au profit des femmes soumises à des violences.

La violence à l’égard des femmes et des filles constitue l’une des violations des droits de l’homme les plus répandues dans le monde. Il s’agit d’une discrimination qui marque les inégalités persistantes entre les femmes et les hommes qui malgré les progrès dans les mentalités et une prévention en augmentation continue à faire des ravages dans les domaines tels que la pauvreté, la paix et la sécurité, ou encore la lutte contre le VIH/Sida.

Créée en 1981,par les défenseurs des droits des femmes le 25 novembre, une journée de lutte contre la violence sexiste à la mémoire des trois soeurs Patria, Minerva et María Tereza Mirabal, opposantes politiques brutalement assassinées en République dominicaine, le 25 novembre 1960, sur les ordres du dirigeant de l’époque, Rafael Trujillo (1930-1961)  est célébrée tous les ans à travers le monde.

Le 20 décembre 1993, une assemblée générale avait adopté la Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes. En 1999, par sa résolution 54/134, l’Assemblée générale a proclamé le 25 novembre Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et a invité les gouvernements, les organisations internationales et les organisations non gouvernementales à organiser ce jour-là des activités conçues pour sensibiliser l’opinion au problème de la violence à l’égard des femmes. L’ONU s’associe à cette célébration.

Cette année, à Paris,  les arrondissements, les services de la ville et du département et les associations ont décidé d’organiser de nombreuses manifestations avec le soutien de l’Observatoire parisien des violences  faites aux femmes créé en 2014 et qui a pour but, la protection, l’accompagnement des victimes et la sensibilisation de la population…

La maire de Paris et son adjointe Hélène Bidard en charge de l’égalité femmes-hommes, de la lutte contre les discriminations et des droits humains ont choisi pour thème la problématique du sexisme et des violences sexuelles dans le sport au vu des jeux olympiques et paralympiques qui se tiendront à Paris en 2024.

Depuis quelques temps, des centaines de milliers de femmes ont brisé le silence à travers le monde. Les scandales dans les hautes sphères se multiplient, les témoignages affluent de la part d’actrices, chanteuses…sans compter le harcèlement sexuel dans le travail dans les rapports supérieurs/subordonnés. Désormais, les femmes n’ont plus peur de témoigner et de porter plainte.

Le monde du sport est lui aussi touché  par ces agissements sexistes, les sportives n’osent pas parler par peur de réprimandes ou de ne pas être crues. Honte, culpabilité s’installent chez ces jeunes filles et femmes mais le sport est malgré tout pour elles un moyen de se reconstruire.

Le 25 novembre, à l’occasion de la Journée internationale dédiée à l’élimination de la violence à l’égard des femmes, Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, a organisé une campagne en collaboration avec 5 animateurs télé  (Grégoire Margotton (TF1), Bruce Toussain (France TV), Mouloud Achour (Canal+), Xavier De Moulins (M6), et Christophe Delay (BFM) )   mettant en scène divers situation incombant les femmes dans ce qui leur arrive: « Elle n’avait qu’à dire non ! » « Elle l’a un peu cherché non ? » « Elle n’avait qu’à pas s’habiller comme ça ! » Le message porté est: « Les violences que subissent les femmes sont multiples, elles n’en sont JAMAIS responsables.  Ne rien laisser passer.”

De son côté, le Président de la République a prononcé ce 25 novembre un discours allant dans ce sens devant des représentants d’associations et d’institutions.

Marlène Schiappa  a décidé quant à elle d’ouvrir une consultation citoyenne en vue de présenter au parlement une nouvelle loi contre les violences sexistes et sexuelles en 2018 en organisant 300 ateliers dans le cadre du” Tour de France de l’égalité”. Le texte sera porté aux côtés du ministère de la justice avec consultation de  magistrats, psychiatres, psychologues, représentants des forces de l’ordre, monde de l’enseignement…, de parlementaires et de la mission  pour la protection des femmes (Miprof) et du haut conseil de l’égalité entre hommes et femmes  (Hcefh).

Le projet de loi s’articule autour de 3 axes:

– L’allongement du délai de prescription pour les viols sur mineurs

Le délai de prescription pour les viols sur mineurs est  fixé par la loi à 20 ans à partir de la majorité de la victime. Une femme peut ainsi porter plainte contre l’auteur des faits jusqu’à l’âge de 38 ans.

– Présomption de non consentement pour les mineurs

L’établissement d’un âge minimum en-dessous duquel un enfant ou un adolescent serait présumé comme non consentant à un acte sexuel à l’instar de l’Espagne où l’âge minimal est de 12 ans, en Belgique,  14 ans ou en Angleterre, 16 ans.

– Verbalisation du harcèlement de rue

Donner une place égale entre les femmes et les hommes dans  l’espace public. Trop de femmes s’y sentent exclues à force de subir des commentaires sexistes. Il faut d’une part travailler à la définition de la notion de harcèlement de rue et d’autre part engager un travail collaboratif avec les forces de l’ordre pour mettre en place les conditions de la verbalisation.

L’an dernier, Laurence Rossignol proposait le 5ème plan de lutte contre la violence envers les femmes qui sera appliqué sur trois ans (2017-2019), comportant 122 mesures pour faire baisser un nombre de victimes “dramatiquement stable”et dont les moyens sont le double environ du 4ème plan soit 125 millions d’euros avec la création de 350 places d’hébergement d’urgence supplémentaires et la poursuite de la formation des professionnels.  Une attention particulière aux enfants, aux jeunes femmes et à celles vivant en milieu rural est prévue. La prise en charge de 143.000 enfants vivant dans un foyer où une femme a déclaré être  victime de violences sera mieux traitée. Dans les cas de séparation du couple, la médiation familiale sera  proscrite pour fixer l’exercice de l’autorité parentale, évitant que le conjoint violent n’impose ses choix.

Un guide aidant les femmes exposées au cyber-sexisme (harcèlement en ligne,diffusion de photos à caractère intime…) est édité afin de mieux connaitre leurs droits.

En France, une femme meurt sous les coups de son compagnon ou ex-compagnon tous les trois jours. Une femme est victime d’un viol toutes les sept minutes. Afin de sensibiliser la population, la campagne du Ruban Blanc revient chaque année.

La Campagne du ruban blanc (CRB)se retrouve dans plus de 55 pays dans le monde   C’est l’initiative la plus importante du monde organisée par des hommes pour mettre fin à la violence faite aux femmes.   Elle met  l’accent sur une sensibilisation des hommes et des garçons jusqu’à la sensibilisation du grand public dans certains pays pour mettre un terme à la violence faite aux femmes.

La CRB a été créée par des hommes au Canada en 1991 suite à la tuerie de l’école Polytechnique de 1989, contre la violence à l’égard des femmes. Elle fut instituée en mémoire des 14 filles assassinées ce jour-là. Le 6 décembre devient la « Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes ». C’est l’ occasion de penser aux femmes et aux filles victimes de la violence masculine au quotidien. Ce massacre antiféministe est commémoré chaque année le 6 décembre en portant un ruban blanc parce que le blanc est un symbole universel de paix.

Cette année, l’association “Ni  Pute, ni Soumise” organise une collecte de dons qui prendra fin le 31/12/17 afin de venir en aide à toutes ces femmes et enfants victimes de la violence.