Bruxelles: L’UE veut également mettre à profit la visite de Benjamin Netanyahu pour exprimer son désaccord sur la poursuite de la colonisation israélienne

GABRIEL MIHAI

Lors de sa visite à Bruxelles, dont le principe avait été décidé avant l’annonce du président Donald Trump sur Jérusalem, Benyamin Netanyahu s’est entretenu avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker ainsi qu’avec les ministres des Affaires étrangères des 27.

Les réactions à la visite de Netanyahou n’ont pas manqué de vigueur, une manifestation organisée par une quarantaine d’ONG est d’ailleurs ce 11 décembre du côté de Schuman pour protester contre « l’accueil en grande pompe de celui qui s’est récemment vanté d’être le Premier ministre sous lequel le plus grand nombre de colonies israéliennes en Palestine ont vu le jour ».

Une grande banderole a été déployée. Il y était écrit : « Israël war criminals not welcome ». Par ailleurs, des activistes ont placé une trentaine de banderoles portant le message « Free Palestine – Boycott Israel » lundi matin sur des ponts et tunnels à Bruxelles et des centaines d’affiches « Netanyahou Wanted – For War crimes » dimanche dans le centre ville.

Auparavant, lors d’un petit déjeuner avec Benjamin Netanyahu, les ministres des Affaires étrangères des pays de l’UE l’ont une nouvelle fois appelé à « reprendre des négociations significatives » avec les représentants des Palestiniens, a indiqué la responsable de la diplomatie de l’UE, Federica Mogherini.

Les manifestants estiment qu’il est d’autant plus indécent pour les dirigeants européens d’accueillir Benyamin Netanyahu après l’annonce du président américain Donald Trump de vouloir transférer l’ambassade américaine à Jérusalem. « L’Union européenne accueille le représentant d’une politique nationaliste et conservatrice, qui pratique une politique d’apartheid depuis des décennies », déplore Simon Moutquin, chargé de mobilisation pour l’ABP. « Depuis l’arrivée de Benyamin Netanyahu au pouvoir en 2009, Israël a détruit pour 1,2 millions d’euros de projets humanitaires financés par l’Union européenne.

Plusieurs Etats membres ont récemment écrit au gouvernement israélien pour lui demander des « compensations » pour ces destructions.

Selon Federica Mogherini, « il est dans l’intérêt sécuritaire d’Israël de trouver une solution durable à ce conflit qui dure depuis des décennies ».
« Nous sommes convaincus que la seule solution réaliste est basée sur deux Etats, d’Israël et de Palestine, avec Jérusalem comme capitale des deux Etats suivant les frontières de 1967 », a-t-elle résumé.

Mais les ministres ont eu du mal à cacher des fractures de plus en plus profondes au sein de l’Union, dans une situation où plusieurs Etats membres – notamment la Hongrie, la Grèce et la Lituanie – veulent gommer les aspérités de la difficile relation entre l’UE et Israël.

La Hongrie a ainsi, au-delà de la question de la colonisation et d’une reprise du dialogue avec l’Aurtorité palestinienne. Une autre question sensible, qui a été abordée à Bruxelles, est la destruction par Israël en Cisjordanie occupée d’infrastructures destinées à « des communautés palestiniennes vulnérables » financées par des fonds de l’UE ou des Etats membres.

Les manifestants appellent l’Union européenne et ses Etats membres à oeuvrer pour une paix juste et durable dans la région en supprimant l’Accord d’associations EU-Israël et en pratiquant un embargo militaire.

De son côté, Benjamin Netanyahou a estimé que la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par le président américain Donad Trump «rend la paix possible» au Proche-Orient.

«Jérusalem est la capitale d’Israël, personne ne peut le nier. Cela rend la paix possible car reconnaître la réalité est la substance de la paix», a-t-il plaidé aux côtés de la cheffe de la diplomatie de l’UE Federica Mogherini, avant de rencontrer les ministres des Affaires étrangères de l’Union.

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