Après le silence, Macron lance sa politique de la ville

Gabriel MIHAI

Emmanuel Macron à Tourcoing ce mardi 14 novembre pour présenter les mesures phares en faveur des quartiers populaires.

Des mois que les associations et les élus locaux manifestaient leur colère face à ce qu’ils ont vécu comme du « mépris » et de la « brutalité » de la part de l’exécutif. Depuis l’annonce, en juillet, des coupes dans le budget de la politique de la ville pour 2017, les mauvaises nouvelles se sont enchaînées pour les banlieues, comme la baisse de l’APL (aides personnalisées au logement) et le gel des emplois aidés. Le tout, sans un mot – ou si peu – de l’Elysée.

L’annonce de la sanctuarisation du budget en 2018 n’a pas suffi à apaiser les tensions. Au point qu’élus et associations ont organisé, le 16 octobre, à Grigny (Essonne), des Etats généraux de la politique de la ville afin de tirer le signal d’alarme. Un événement inédit.

Lundi 13 novembre, le président de la République a décidé de rompre le silence. Au cours d’un déjeuner à l’Elysée avec une trentaine d’acteurs locaux, suivi d’une visite à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) puis à Roubaix (Nord), et avant un discours de aujourd’hui à Tourcoing, il s’est adressé aux banlieues et à leurs habitants, qui représentent 5,5 millions de personnes réparties dans les 1 514 quartiers les plus pauvres, où le chômage est 2,5 fois plus élevé que la moyenne nationale.

Macron poursuit sa tournée des quartiers populaires. Après un passage à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le président de la République est en déplacement dans le Nord où il a fait un discours à Tourcoing.

Depuis le début de son mandat, beaucoup de Français de ces quartiers populaires se disent inquiets ou déçus de son action, souvent taxée de profiter d’abord aux plus aisés.

M. Macron est donc allé au contact, dans le quartier du Tourcoing, bien mal en point et qui attend toujours sa réhabilitation, puis dans la rue.

Dans ces quartiers, l’État veut aussi faire revenir les services publics, comme la Poste par exemple. Les maisons de santé ne sont pas oubliées alors que le chef de l’État espère les doubler durant les années à venir.

Le président annoncera aussi des initiatives pour les collégiens et lycéens : renforcement des internats, aide aux stages de 3e que les principaux de collèges auront la charge de trouver.

L’émancipation et la méthode doivent être au coeur du discours. A travers, notamment, les «emplois francs », dont l’expérimentation commencera début 2018. Un dispositif qui était dans le programme présidentiel mais absent, d’abord, du projet de budget et réintégré à la faveur d’un amendement de la majorité. Signe de l’urgence d’avancer du concret en la matière.

Sur la méthode, le chef de l’Etat souhaite fonctionner, comme souvent, de manière partenariale : en impliquant les habitants, les associations, les collectivités. Ce qui ne manquera pas de créer des tensions sur le financement. Il souhaite aussi – et c’est une demande des acteurs du secteur – une approche globale (via l’éducation, la culture, la formation etc…), avec, lui qui a assuré le lundi midi et ce mardi, vouloir sonner «la mobilisation nationale », la mobilisation de tous les ministères et pas seulement celui de la Cohésion des territoires.

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