Anne Hidalgo a inauguré la halle Beauvau du marché d’Aligre

La halle Beauvau se situe au centre de la place du marché d’Aligre. Ce site avait malheureusement subi de violentes dégradations suite à des incendies en juillet 2015 et en février 2017.

La Ville de Paris a débloqué un budget d’environ 3,15 millions d’euros pour la rénovation de la halle, afin de venir en aide aux commerçants. Une journée spéciale a été  organisée ce samedi afin de célébrer de la plus belle des manières l’inauguration de la halle rénovée.

Le cœur du marché d’Aligre va faire peau neuve, de manière officielle, ce week-end. Ce lieu de vie historique du douzième arrondissement a été au centre d’une journée festive tout au long du samedi 24 mars 2018. Les légumiers, bouchers, fromagers, poissonniers ou bien encore fleuristes du marché d’Aligre ont été à l’honneur ce samedi et ont reçu la visite de la Maire de Paris pour l’occasion . Ce site emblématique est le seul marché découvert et couvert quotidien de Paris. De très nombreux commerçants y sont également installés tout au long de la rue d’Aligre.

De nombreuses personnalités politiques ont été présentes au marché d’Aligre pour constater la fin des travaux colossaux de ces derniers mois. L’inauguration de la halle Beauvau rénovée s’est faite en leur présence et celle de la Maire de Paris, Anne Hidalgo. Catherine Baratti-Elbaz, Maire du 12e arrondissement, Olivia Polski, adjointe à la Maire de Paris chargée du commerce, de l’artisanat, des professions libérales et indépendantes et Richard Bouigue, 1er Adjoint à la Maire du 12e étaient  présents lors de la cérémonie officielle, ce samedi.

Cette halle couverte abrite de très nombreux commerçants qui font la joie et le bonheur des clients du marché d’Aligre.
Le marché d’Aligre est un lieu de solidarité, réputé pour son foisonnement culturel. Son histoire est imbriquée avec celle du faubourg Saint-Antoine, rendu mythique pour sa participation à l’essor artisanal et industriel de la capitale et comme creuset des révolutions.

Le 27 avril 1776, Gabrielle-Charlotte de Beauveau, abbesse, conclut en présence de maître Gibert l’acte de vente des 13 740 toises sur lesquelles le marché et sa place allaient être édifiés, sur un terrain alors composé d’enclos et de marais. Avec l’aval de l’abbé de Citeaux, la construction du marché Beauveau-Saint-Antoine est confiée aux architectes Lenoir et Goupy.

Le marché fut inauguré le 5 avril 1781. S’ensuit une « ronde des métiers » qui verra le marché investi par les producteurs des campagnes environnantes délivrant leurs marchandises par charrette ou à dos de cheval. Les boulangers forains, dits tameliers, et la communauté des bouchers y occupent une place de choix. Les métiers secondaires foisonnent : chandeliers, mesureurs (grain), crieurs, jaugeurs (liquide), cuisiniers (viande), jardiniers (légumes, fruits), langueyeurs (porcs vivants), courtiers (inspection des viandes) et tueurs (abattage) sont garants de la qualité des produits et de leur vente réglementée.

Les feiniers approvisionnent le faubourg Saint-Antoine en foin et la présence de fripiers, de meubles et de vêtements se banalise. Cette confrérie jouera un rôle important, conditionné au fait de fournir de la friperie et des produits de récupération à moindre coût pour les nécessiteux. Sous les effets de la Révolution (les biens et terres dépendant de l’Abbaye Saint-Antoine-des-Champs voisine sont séquestrés, le bâtiment transformé en hôpital), le marché va changer de tutelle pour devenir le marché Lenoir. Il deviendra propriété de la Ville de Paris le 30 janvier 1811. Une ultime reconstruction, dont la réalisation est confiée à l’architecte Daubenton, s’achève en 1846.

Le marché adopte définitivement le nom de marché d’Aligre en 1867, rendant hommage à la chancelière d’Aligre, « bienfaitrice et fondatrice de l’hospice des Enfants-Trouvés ». La rue attenante consacre son mari, Étienne François d’Aligre, premier président du Parlement de Paris.

Le marché d’Aligre est aussi lié, pour des raisons géographiques et corporatistes, aux mouvements insurrectionnels qui ont agité le faubourg. On y recrute, pendant la Révolution française, les « vainqueurs de la Bastille », on y érige de tout temps des barricades. Les mouvements de grève de la coalition des tailleurs, les émeutes de subsistance contre la spéculation et l’augmentation du pain ou des loyers, la révolte des ébénistes, les complots contre les autorités royales et impériales, plusieurs faits de la Commune de Paris.

Aligre est aussi une histoire de flux et de migrations. Le marché accueille au début du XIXe siècle les campagnes du Cantal et du Limousin qui répondent à l’appel des faubourgs.

Puis cette immigration, facilitée par la proximité des gares de Lyon et d’Austerlitz, devient celle « des enfants des crises économiques et des oppressions politiques », nouveaux venus « de la Yougoslavie, de l’Espagne et du Portugal, de l’Italie… et enfin, avec les avatars de l’aventure coloniale, de l’Afrique et notamment du Maghreb ». Malgré une gentrification menaçante, le marché demeure un des moins chers, et de ce fait un des plus fréquentés et vibrants de la capitale. Aligre refuse pourtant son dévoiement dans un Paris monumental. De tout temps, c’est avant tout celles et ceux « au travail », primeurs, brocanteurs et commerçants, qui font sa renommée.

 

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