André-Philippe Gagnon : la voix de l’illusion

Il fait son grand retour sur la scène internationale. André-Philippe Gagnon n’est pas qu’un imitateur. C’est un véritable showman qui s’approprie la voix des artistes en offrant à chaque fois des performances incroyables dans lesquelles il combine comédie et musique. De passage à Paris avant son spectacle au Casino de Paris en janvier prochain, l’humble imitateur canadien pour qui la scène est un terrain d’amusement, s’est confié en toute simplicité.

Mais où étiez-vous donc passé ? Depuis combien de temps n’étiez-vous pas venu en France ?

J’étais à Las Vegas auprès de ma famille. Me poser m’a permis de moins voyer, d’être prêt d’eux, de voir grandir mes enfants tout en étant sur scène le soir au Paris. Maintenant qu’ils sont grands, je me suis dit que je pouvais à nouveau me faire plaisir en retournant dans ce beau pays qu’est la France et d’étendre sur l’Europe.

Qu’appréciez-vous justement en France ?

Les distances entre les villes qui sont beaucoup moins longues qu’au Canada. C’est très appréciable Les paysages, les climats qui changent tout le temps, la culture musicale.

 Que représente notre capitale pour vous ?

Paris est le New York de l’Europe. Ça bouge, ça grouille. Tout démarre par Paris. Thierry Le Luron a fait en sorte que les imitateurs gardent une place intéressante dans le cœur des français. Aussi, si un spectacle se passe bien à Paris, il se passera bien partout.

 On va vous retrouver en janvier 2019 sur la scène du Casino de Paris. Pourquoi une seule date ?

Il s’agit juste d’une petite tournée pour voir comment, avec la nouvelle compagnie de production, cela va se passer et comment le public va réceptionner le spectacle.

Nous sommes en novembre et la billetterie est au beau fixe. Vous attendiez-vous à un tel engouement du public ?

J’en suis ravi ! Comme le spectacle semble être bien accueilli, je pense que nous allons donc pouvoir revenir au cours de l’année 2019.

Dites-nous tout de votre spectacle …

Contrairement à mes confrères, je propose quelque chose de différent avec un nouveau rythme. Le spectacle fait appel à la mémoire musicale et à son histoire. Je vais revenir sur tous les chanteurs qui ont marqué nos vies à partir des années 50 comme Elvis Presley, en passant par les crooners qu’étaient Frank Sinatra, Dean Martin en reprenant les voix de Joe Cooker, Barry White sans oublier ceux qui ont marqué ma culture française comme Charles Aznavour, Gilbert Bécaud et Johnny Hallyday.  Il y aura aussi des voix nouvelles comme celles de Christophe Maé, Maître Gims, Calogero et Bénabar.

Ferez-vous ce spectacle en live ?

Oui avec 6 musiciens. On va être très bien équipé pour reproduire tous ces beaux moments et souvenirs musicaux.

Qu’éprouvez-vous sur scène ?

Du bonheur et j’espère qu’il est contagieux. Voir que les gens réagissent ça me touche beaucoup.  Je dépense beaucoup d’énergie sur scène et le public me le rend bien.

 Combien de voix avez-vous à votre actif ?

Mon dernier calcul récence 500 voix. Au cours d’un spectacle de 90 minutes, je peux en faire 80 à 90.

Selon vous, l’imitation est un don ou du travail ?

Je parlerai davantage de bonnes aptitudes ou de prédispositions et surtout de respect. Imiter c’est rendre hommage.

Comment arrivez-vous à vous approprier une voix ?

Par une bonne écoute et une bonne mémoire. J’écoute le chanteur dans son tube pour m’accrocher à sa voix.  Si je peux l’entendre dans un répertoire qui n’est pas le sien, c’est mieux car cela me donne aussi plein d’indices pour mieux cerner sa voix, faire ressortir ses particularités. C’est pour ça que j’étudie aussi les visages, la dentition et la morphologie. Je veux créer l’illusion la plus parfaite et la plus précise possible pour que le public en soit étonné.

Travaillez-vous votre voix au quotidien ?

Comme j’essaie constamment de « pirater » des voix, je m’amuse à faire des vocalises.

Certaines vous donnent-elles plus de difficultés que d’autres ?

Les voix aigues.

Quelle est la voix qui vous caractérise le mieux ?

Barry White, mais j’ai des facilités pour faire celles de Julien Clerc, Frank Sinatra et Louis Armstrong.

 Qu’est-ce qui a fait que vous êtes devenu imitateur ?

Enfant, j’écoutais très souvent les Bugs Bunny en anglais. J’adorai Titi. Au lieu de me boxer, mon frère de sept ans mon aîné, me chatouillait très fort et disait « Maman, André fait Tiny Bird ! » Pour moi, le fait qu’il croit que j’imitais Titi ça voulait dire quelque chose. Même en classe. Alors que j’étais très timide, tout le monde riait unanimement. Être apprécié et entouré de gens qui souriaient me plaisait. Plus tard, au Hockey, on m’a demandé d’imiter les instructeurs. Ça a donc commencé comme ça. Je me suis ensuite présenté à des concours d’amateurs. De fil en aiguille je suis passé en télé, puis un agent m’a contacté. J’ai participé à des galas, à des festivals notamment à celui de « Juste pour rire ». Là, j’ai fait le « We are the world ». L’effet a été immédiat.

Vous êtes un performer tout comme Véronique Dicaire et Mickael Grégorio. Imiter ce n’est pas simplement prendre la voix de, c’est surtout faire le show ?

Complétement. Je propose un show à l’américaine. Pendant 40 secondes je suis John Lennon, pendant 50 secondes je suis Elton John… Le public doit avoir l’impression d’être face aux chanteurs que j’imite, d’entrer, le temps de la performance, dans leur univers.

Connaissez-vous des imitateurs français ?

Laurent Gerra, Nicolas Canteloup. Ils sont plus dans les voix parlées. Moi, je ne touche pas à la politique. Yves Lecoq avec « les Nuls ». J’apprécie beaucoup aussi Mickael Grégorio, surtout quand il reproduit le son de la guitare électrique.

Selon vous, ils sont tous de dignes héritiers de Thierry Le Luron ?

Oui et c’est génial. Tous démontrent que l’imitation a encore de la place en France. C’est pour cela que je veux en faire davantage et revenir en France.

Vous donnez-vous des limites ?

Je n’aime pas et ne veux pas qu’il y ait de malaise. Je peux me servir d’une chanson et l’associer à un personnage. Par exemple, je n’imite pas Donald Trump, mais je fais Youg Cannibals chantant « She drives me crazy ».

Que peut-on vous souhaitez pour la nouvelle année qui arrive ?

D’être plus présent en France.

André-Philippe Gagnon, the one man musical mis en scène par Laura Treves – Au Casino de Paris (Paris IXème), le 28 janvier 2019 à 20h – Réservations : 08 926 98 926

 

 

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